Les anciens de Molex indignés

Les propos de l'ancien ministre de l'industrie Christian Estrosi ont mis le feu au poudre.

Par SC+AFP

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Polémique entre Christian Estrosi et les ex-Molex

Lors d'un débat télévisé, l'ancien ministre a déclaré que les syndicalistes de l'usine de Villemur sur Tarn s'étaient plus battus pour toucher une forte prime de départ que pour défendre l'emploi...

La CGT de Molex s'est indignée des "accusations scandaleuses de l'ancien ministre UMP Christian Estrosi qui a taxé les syndicats d'avoir "lâché" l'activité de l'usine de connectique automobile fermée fin 2009 près de Toulouse pour empocher des primes.

"Nous avons été stupéfaits d'entendre M. Estrosi réécrire l'histoire, mettant en cause les salariés et les organisations syndicales locales" dimanche écrit le délégué syndical de la CGT Molex Guy Pavan dans un communiqué. Le syndicat demande à la chaine info un droit de réponse.

Le géant américain Molex a fermé son usine de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) en 2009 en invoquant des motifs économiques pour justifier les 283 licenciements. Dans un contexte de désindustrialisation française, Molex est devenu un symbole de ces entreprises jugées rentables, mais sacrifiées à une logique financière échappant au personnel et aux communes frappés.

Lors d'un débat avec Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, M. Estrosi, alors ministre de l'Industrie, raconte qu'il s'est battu pour que le
site ait encore une activité industrielle. "Vous savez qui a lâché ?", demande-t-il. "Ce ne sont pas même les syndicats au plan national, ce sont leurs représentants au plan local. Ils étaient autour de la table, et lorsqu'on est arrivé à un niveau de propositions pour réinjecter du carburant dans l'entreprise, et permettre que le repreneur puisse relancer les choses, ils ont préféré partir avec la prime extra-légale".

Une nouvelle activité de connectique automobile a été créée depuis sur le site sous le nom de VMI (Villemur-Industries) par le fonds d'investissement HIG. VMI n'y emploie pas 65 salariés, comme le dit M. Estrosi, mais 51, a objecté la CGT. Elle s'insurge également contre "l'accusation diffamatoire" de M. Estrosi contre l'ex-secrétaire du comité d'entreprise Denis Parise (CGT), devenu conseiller régional PS. "Il s'est servi de cette affaire pour s'engager politiquement. Il a exploité ses camarades", a affirmé M. Estrosi. M. Parise a indiqué qu'il allait porter plainte, de même que la CGT Molex, contre M. Estrosi pour diffamation.

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