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Les violeurs de Julie condamnés

Les trois prévenus ont été condamnés à 15, 13 et 8 ans de prison.

Par LB et Marie MARTIN

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Toulouse: l'affaire Julie jugée demain.

Trois Turcs vont comparaitre devant les assises de Haute-Garonne à partir de lundi pour des viols commis sur une adolescente de 14 ans en août 2009.

Julie a éclaté en sanglots à l'énoncé du verdict. Ses trois agresseurs ont été condamnés à 15, 13 et 8 ans de prison, après plus de six heures de délibérations. La jeune femme qui avait hébergé Julie au moment des faits écope, elle, d'une peine de 5 ans de prison avec sursis pour complicité de viols.

Le grand-père de Julie s'est dit soulagé. L'avocat d'un des prévenus, maître Alexandre Martin, a d'ores et déjà fait part de son intention de faire appel.

RETOUR SUR LE PROCES

L'avocat général avait requis au moins 14 ans de réclusion criminelle contre les agresseurs de Julie.

"Julie, c'est une proie que l'on s'est plus ou moins prêtée pour satisfaire ses envies", avait notamment déclaré Jean-Jacques Silvestre, l'avocat général du procès des trois violeurs de la jeune Julie.

Contre la jeune femme, prostituée qui avait hébergé Julie au moment des faits, il avait requis trois de prison dont six mois ferme couvrant la période de détention provisoire que la prévenue a déjà accomplie après son arrestation.

Mercredi, les trois prévenus poursuivis pour viol n'avaient eu de cesse de contredire les déclarations de la jeune Julie. Pour eux, elle était consentante, pour chacune des relations sexuelles qu'elle avait eu avec les trois hommes.

Elle était même souriante, avait déclaré l'un d'entre eux. Tous étaient unanimes pour dire que Julie avait déclaré avoir 17 ans et qu'elle avait refusé d'être conduite au commissariat.

Un luxe de détails qui avait contrasté avec la déposition de la victime, un jour plus tôt. Julie, en effet, n'avait pas pu tout expliquer, notamment son départ du camping, qu'elle niait être une fugue. Elle avait plusieurs fois répondu à la cour qu'elle ne se souvenait pas de tout. Une amnésie partielle que ses proches expliquent aisément : Julie est traumatisée et a besoin d'oublier.

A la barre, un expert avait semé le trouble. Pour lui, Julie, qu'il a décrite comme immature, fragile et détachée, ne présentait pas les caractéristiques comportementales d'une victime de viol.

RETOUR SUR LES FAITS

Le 22 août 2009, Julie, alors âgée de 14 ans, quitte le camping où elle passe ses vacances avec ses grands-parents et sa petite soeur. Fugue ou simple promenade, comme elle le dit aujourd'hui ? La jeune fille en tout cas part à bord d'une voiture conduite par un homme qui l'emmène à Narbonne. Le lendemain, cette même personne la dépose à Toulouse, dans un quartier périphérique. Julie, que ses proches décrivent comme immature et facilement désorientée, erre dans les rues avant de rencontrer le premier de ses agresseurs présumés. Celui-ci, aujourd'hui âgé de 22 ans, lui aurait imposé un rapport sexuel dans sa voiture. Tout comme deux de ses amis, dans les jours qui suivent la première rencontre.

Julie sera finalement retrouvée, errant dans les rues de Toulouse, le 25 août. Un avis de recherches avait été lancé, dès sa disparition.

LA PERSONNALITE DE LA VICTIME

Julie, aujourd'hui âgée de 17 ans, est décrite par ses proches comme fragile et immature. Originaire du Nord de la France, la jeune fille est orpheline de père et vit avec ses grands-parents, depuis que sa mère est tombée malade.

A la barre, son grand-père a parlé d'une jeune fille brisée par le drame. Depuis un an, Julie a été placée dans des foyers, dont elle fugue très régulièrement.

Longtemps hésitante quant à sa venue ou non au procès, elle s'est finalement présentée devant la cour mardi, à l'issue du deuxième jour d'audience. Son audition a eu lieu à huis clos, conformément à sa demande.

LE PROFIL PSYCHOLOGIQUE DES CONDAMNES

Les trois hommes condamnés, respectivement âgés de 22, 24 et 37 ans, sont tous d'origine kurde, enfants de réfugiés politiques.

Les experts - psychiatres et psychologues - les décrivent comme des hommes manquant de repères affectifs, attachés au travail et sans déviances avérées. Aucune pathologie mentale n'a été détectée.

Tous trois nient les viols et sont unanimes pour décrire des relations sexuelles consenties. L'un d'eux déclare même avoir voulu protéger la jeune fille, en la conduisant dans un hôtel.

La quatrième personne, condamnée pour complicité de viols est une jeune femme d'origine bulgare. Prostituée à Toulouse, elle aurait hébergé Julie dans sa chambre d'hôtel, pensant ainsi la protéger des dangers éventuels, aurait-elle déclaré. Elle était poursuivie pour complicité de viol aggravé et tentative de proxénétisme.

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