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Manduel : marche silencieuse pour Abel Chennouf

Plus d'un millier de personnes dans les rues de Manduel. Mais la famille a renoncé à participer à la marche

Par Fabrice DUBAULT

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Manduel (30) : marche silencieuse pour Abel

Plus d'un millier de personnes participaient jeudi après-midi à une marche silencieuse à Manduel dans le Gard avant la cérémonie des obsèques d'Abel Chennouf, l'un des deux parachutistes abattus à Montauban. Un hommage sans la famille d'Abel qui au dernier moment, a renoncé à y participer.

Plus d'un millier de personnes participaient jeudi après-midi à une marche silencieuse à Manduel dans le Gard avant la cérémonie des obsèques d'Abel Chennouf, l'un des deux parachutistes abattus à Montauban. Un hommage sans la famille d'Abel qui au dernier moment, a renoncé à y participer.

Le cortège est parti vers 16H30, sous une pluie intermittente, de la place de l'église au centre du village, en direction du cimetière.

Les hommages devaient y être rendus au caporal de 25 ans par un détachement du 17e Régiment du génie parachutiste de Montauban, avant son inhumation dans le caveau familial, "dans la plus grande intimité" à la demande de la famille, a précisé Gérard Rival, adjoint au maire de Manduel.

La famille ne participait pas à la marche, sa compagne Caroline ayant renoncé au dernier moment.

Le cortège était ouvert par les amis du couple, qui tenaient en main des roses blanches et une banderole indiquant: "Abel, repose en paix" et montrant deux photos de la victime, l'une en militaire et l'autre en civil.

"Avec tous ses amis, nous ne pouvions pas être à Montauban hier (mercredi). C'est une manière de lui dire au revoir et de montrer que l'on est tous là", a affirmé Coralie Poivre, une amie du militaire à l'origine de ce dernier hommage.

Manduel (Gard) - marche silencieuse en hommage à Abel Chennouf - 22 mars 2012

Avant le départ de la marche, de nombreux villageois ont signé des livres de condoléances devant la mairie et l'église, sur lesquels sont venues s'ajouter les signatures de Paul Benguigui, président de la communauté juive du Gard, et d'Abdallah Zekri, président de l'Observatoire contre l'islamophobie au sein du Conseil français du culte musulman et conseiller technique du recteur de la Grande mosquée de Paris.

"Contrairement à ce que disent certains, il (Mohamed Merah, ndlr) a commencé par tuer un "Mohamed", comme lui. Il a tué des victimes innocentes, nous montrons notre solidarité, nous montrons que nous travaillons ensemble", a déclaré M. Zekri.

"La campagne électorale va reprendre son rythme, donc je dis halte à l'amalgame, halte à la désignation des musulmans comme responsables. Le président de la République a été clair, le Premier ministre a été clair: pas de stigmatisation, qu'on ne cherche pas des coupables", a-t-il ajouté.

"Nous les musulmans, on ne veut pas être le ping-pong des uns et des autres", a insisté M. Zekri.

Manduel (Gard) - le cercueil d'Abel Chennouf devant le cimetière - 22 mars 2012

Manduel (Gard) - la famille d'Abel Chennouf devant le cimetière - 22 mars 2012

L'inhumation d'Abel Chennouf :

Le cercueil enveloppé d'un drapeau tricolore a ensuite été porté par huit camarades à l'intérieur du cimetière pour une inhumation dans le caveau familial dans la plus stricte intimité.

La famille n'a pas participé pas à la marche, sa compagne Caroline, enceinte, ayant renoncé au dernier moment. Pendant toute la cérémonie militaire, la jeune femme est restée assise dans un fauteuil roulant, à côté des parents du soldat.

"Cette marche a fait chaud au coeur. Abel, qui est arrivé à l'âge de 13 ans à Manduel, était aimé et respecté car bien éduqué", a affirmé le père, Albert Chennouf.

Manduel (Gard) - la foule rend hommage à Abel Chennouf devant le cimetière

22 mars 2012

Le cri d'un père :

Le père d'Abel Chennouf, l'un des militaires dont la mort a été revendiquée par le tueur au scooter, Mohamed Merah, tombé à Toulouse sous les balles du Raid, a parlé jeudi à l'AFP d'un "échec" avant l'inhumation de son fils dans le Gard, disant qu'il aurait "aimé un procès".

"C'est un échec. Pas celui du Raid, qui a fait tout ce qu'il a pu. J'aurais aimé qu'on le questionne, j'aurais aimé savoir pourquoi il a fait ça à mon fils, j'aurais aimé un procès", a déclaré Albert Chennouf, le père du jeune caporal abattu, en l'honneur de qui était organisée jeudi une marche silencieuse dans son petit village de Manduel.

"Comment est-il possible qu'un homme connu (des services de police, ndlr) ait pu agir ainsi", s'est interrogé le père de cette victime, disant reprendre à son compte des propos du ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé.

M. Juppé avait estimé jeudi qu'en cas d'éventuelle faille des services de renseignement dans cette affaire, il fallait "faire la clarté", tout en assurant qu'il n'avait "aucune raison" de penser qu'il y en a une.

Abel "va terriblement nous manquer", a encore dit M. Chennouf en larmes. Lui et son épouse, la soeur, le frère et la compagne du militaire n'ont pas souhaité participer à la marche organisée par les amis du jeune homme.

Les obsèques du caporal du 17e Régiment du génie parachutiste de Montauban, tué avec un autre militaire le 15 mars, devaient avoir lieu en fin d'après-midi au cimetière de Manduel en présence d'un détachement de leur régiment.

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