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Marcelle et Jean rescapés du “Costa Concordia”

Le couple du Soler était vendredi à bord du navire quand il a fait naufrage en Italie.

Par Fabrice DUBAULT

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Le Soler (66) : un couple rescapé du naufrage

Vendredi à 23 heures, Marcelle et Jean Cabaner ont eu la peur de leur vie. Les 7 coups court et 1 long de la sirène du "Costa Concordia" résonnent encore dans leurs oreilles. Une sirène synonyme de naufrage et d'évacuation immédiate. Ils ont finalement été sauvés grâce aux chaloupes du bateau.

Vendredi à 23 heures, Marcelle et Jean Cabaner ont eu la peur de leur vie. Les 7 coups court et 1 long de la sirène du "Costa Concordia" résonnent encore dans leurs oreilles. Une sirène synonyme de naufrage et d'évacuation immédiate. Ils ont finalement été sauvés grâce aux chaloupes du bateau.

Les 2 septuagénaires, amateurs de croisières, ont passé de longues heures entre panique et rapatriement sur la terre ferme à bord d'une chaloupe.

De retour chez eux, au Soler, dans les Pyrénées-Orientales, ce lundi, ils n'en reviennent toujours pas.

Ecoutez le témoignage de Marcelle Cabaner recueilli par nos équipes de France 3 Pays Catalan.

L'enquête et le retour sur les faits :

Les sauveteurs ont dû interrompre leurs recherches lundi midi dans l'épave du Costa Concordia en raison des conditions météorologiques "désastreuses" sur l'île italienne du Giglio, au large de laquelle le naufrage a fait au moins six morts.

"Il est impossible de travailler", a déclaré à l'AFP le chef des plongeurs des garde-côtes, Rodolfo Raiteri. Les mauvaises conditions météo ont entraîné "un mouvement de 9 centimètres du navire" et l'évacuation de ses équipes.

"Il est très difficile de passer dans les couloirs encombrés", a-t-il poursuivi, en expliquant attendre les résultats d'une analyse sur la stabilité du navire avant de reprendre les opérations.

De son côté, le propriétaire du navire, Costa Crociere (groupe américain Carnival), a déploré lundi une erreur "impondérable" du commandant, dont il s'est officiellement "dissocié".

Le bilan provisoire du naufrage, survenu vendredi soir, s'élève à six morts, dont deux Français, un Italien, un Espagnol, un membre d'équipage péruvien, une soixantaine de blessés et seize disparus (dont quatre Italiens, deux Américains, deux couples de Français).

Lundi à l'aube, les sauveteurs ont retrouvé le corps d'un homme, muni de son gilet de sauvetage, sur le deuxième pont, dans la partie émergée du navire. Son identité et sa nationalité ne sont pas encore connues.

Le croisiériste américain Carnival, dont le titre a chuté lundi matin de 17,48% à la Bourse de Londres, a chiffré lundi entre 85 et 95 millions de dollars l'impact immédiat sur ses comptes du naufrage du Costa Concordia.

Outre la tragédie humaine et le coût financier, les autorités redoutent un "désastre" écologique avec la fuite des 2.380 tonnes de carburant qui se trouvent dans les entrailles du mastodonte, en équilibre sur des rochers à moins de 50 mètres de la côte.

Le naufrage comporte "un très haut risque" pour l'environnement de l'île du Giglio, entourée d'une réserve naturelle protégée, et "une intervention est urgente", a déclaré le ministre de l'Environnement, Corrado Clini.

"L'objectif est d'éviter que le carburant ne s'écoule du navire: nous travaillons sur cette question", a-t-il ajouté. "C'est un gazole dense, lourd, qui pourrait se sédimenter sur les fonds, ce serait un désastre", avait-il déclaré à La Stampa.

Une équipe d'experts de la société néerlandaise Smit&Salvage tente de mettre le navire en sécurité.

"D'après les premières constatations, le navire semble assez stable, il n'y aucune fuite, tout est sous contrôle pour l'instant", a affirmé le maire du Giglio, Sergio Ortelli.

En attendant, le commandant du Costa Concordia, Francesco Schettino, est dans la ligne de mire. Accusé d'homicides multiples et d'abandon du navire (il risque douze ans de prison pour ce seul délit), il se trouve en détention depuis samedi à Grosseto (centre).

Selon des témoins cités par le Corriere della Sera, il a voulu "faire plaisir" au responsable des serveurs, Antonello Tievoli, originaire de l'île du Giglio en passant près de ses côtes, pour le récompenser d'avoir renoncé à une semaine de congés.

"Le grand naufrage pour une petite faveur", titrait le journal, à propos de cette parade, surnommée l'"inchino" (la révérence), toutes lumières allumées et à grand renfort de sirènes pour saluer les habitants de la côte.

Le patron de Costa Crociere, Pier Luigi Foschi, a affirmé que la trajectoire suivie par le commandant était "une initiative de sa volonté, contraire aux règles écrites, certifiée" par la compagnie.

"C'est un fait exceptionnel, imprévisible", une erreur humaine "impondérable", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse au siège de la société à Gênes (centre de l'Italie), dont les drapeaux ont été mis en berne en signe de deuil.

M. Foschi a en revanche pris ses distances avec les accusations d'abandon du navire.

"Nous avons des témoignages internes, fiables, selon lesquels il est resté très longtemps à bord", a-t-il dit.

Le défenseur du capitaine du paquebot, Me Bruno Leportetti, a de son côté affirmé que celui-ci avait effectué une "manoeuvre brillante" après l'impact sur le rocher pour "éviter que le bateau coule en haute mer". Je ne suis pas d'accord avec les charges contre lui", a déclaré l'avocat.

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