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Procès Bissonnet : l'appel au secours

L'appel de Bissonnet le soir du meurtre, au 17, retransmis dans la salle d'audience, à suivre en direct.

Par Fabrice Dubault

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l'appel au secours de Bissonnet

Les jurés de carcassonne ont entendu l'appel fait aux gendarmes, le 11 mars au soir. 13 minutes pendant lesquelles, le mari essuie les traces de sang autour du corps de son épouse qu'il vient de découvrir morte à leur domicile.

Suivez en direct, minute par minute, la deuxième semaine du procès en appel de l'affaire Bissonnet. En direct de Carcassonne. Compte rendu de Fabrice Dubault.

Moment fort de l'audience : l'écoute de l'appel à police secours de Jean-Michel Bissonnet. Nous sommes le 11 mars 2008, il est plus de 22 h 00. Le mari retrouve le corps de sa femme, gisant dans une mare de sang. Il appelle le 17 et essuie avec une serpillière les traces de sang, tout en continuant à pleurer la disparition de Bernadette au téléphone.

"Bernadette je t'aime crie le mari" Il pleure.. "Je t'aime, je t'aime...". "Mon Dieu... pourquoi toi?? pourquoi toi??.. mon Dieu...!!! mon Dieu !!!!".

Du sang partout

"Y'a du sang partout, qu'est-ce qu'il s'est passé", crie-t-il, tandis que la voix posée du gendarme au bout du fil lui demande de se calmer et de ne toucher à rien.

Mais pendant la conversation, l'accusé "fait un certain nombre de choses qui posent question", relève le président, Daniel Duchemin. M. Bissonnet a-t-il essayé de faire disparaître les traces de sang laissées par Méziane Belkacem, qui s'était blessé à un pouce en tirant sur la victime avec un fusil à canon scié ?

C'était sous le coup d'une trop grande émotion, explique Jean-Michel Bissonnet.

"Je venais de retrouver ma femme morte, j'étais comme un fou". 

L'ancien homme d'affaires qui a fait fortune dans l'immobilier de bureaux monte donc le chien Pitt à l'étage pour éviter qu'il ne "patauge dans le sang", éteint la télévision, met un vêtement sur le visage de sa femme et prend une serpillière qu'il "pousse avec le pied puis avec les mains".

Mais Pourquoi ?

"Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça, si j'avais su je ne l'aurais pas fait. Tout est parti de là, c'est devenu "Bissonnet a modifié la scène du crime" ". Il s'emporte, crie, sanglote. "Je vis un moment terrible, ça me tue, ça me tue".

L'avocate générale, Manon Brignol, revient à la charge et demande pourquoi l'accusé semble avoir essuyé des taches de sang éloignées du corps, les moins susceptibles d'émaner de Bernadette.

Jean-Michel Bissonnet ne pouvait pas savoir en ce 11 mars au soir qu'il y avait des tâches de sang de deux personnes différentes, relève un de ses avocats Jean-Yves Liénard.

"Vous vous rendez compte, vous me faites parler du sang de ma femme", sanglote Jean-Michel Bissonnet. Dans l'affolement, il aurait pu aussi bien "prendre le corps de Bernadette et l'emmener à l'hôpital", s'écrie-t-il.

"Mais vous n'avez pas pris le corps de votre femme pour l'emmener à l'hôpital. Vous avez pris une serpillière pour essuyer le sang", rétorque l'avocate générale.

Comme le riche retraité évoque encore son état psychologique pour expliquer les variations de ses déclarations au moment des faits et ce qu'il dit aujourd'hui, l'avocate générale évoque une autre possibilité.

"Toute la question est de savoir si vous étiez dans cet état psychologique parce que les choses ne s'étaient pas passées comme vous l'aviez prévu", dit-elle. Jean-Michel Bissonnet qui dit avoir perdu la "femme de sa vie", dément toutes les accusations.

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