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Procès Bissonnet : le direct

Suivez en temps réel le procès en appel de l'affaire Bissonnet en direct de Carcassonne

Par Laurence CREUSOT

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Procès Bissonnet: D'Harcourt absent de l'audience

Après un malaise ce lundi matin et des problèmes de santé ce week-end, le vicomte Amaury D'Harcourt est absent du procès, à sa demande. L'analyse de notre équipe sur place à Carcassonne au procès d'assises en appel.

Après le témoignage des fils Bissonnet, le malaise de d'Harcourt, place aux plaidoiries des parties civiles.

Le procès entame son onzième jour.

Jean-Michel Bissonnet a-t-il ou non fait assassiner la "femme de sa vie" ?

La famille s'est déchirée à la barre des assises de l'Aude mardi à l'heure des plaidoiries des parties civiles, prélude aux réquisitoires de l'accusation attendus mercredi.

Le riche retraité de 64 ans est jugé en appel depuis le 7 novembre à Carcassonne pour avoir commandité le meurtre de son épouse Bernadette. A ses côtés dans le box, son jardinier et laveur de carreaux occasionnel Méziane Belkacem, 52 ans, dit avoir exécuté le contrat. Amaury d'Harcourt, le troisième accusé, admet avoir participé aux préparatifs du crime et caché l'arme.

Mais le vicomte de 86 ans, victime d'un malaise lundi, est toujours absent du box. Il se repose en cellule et les débats se poursuivent sans lui.

Depuis cette soirée fatidique du 11 mars 2008 où Bernadette Bissonnet a été retrouvée par son mari abattue de deux coups de fusil à canon scié dans leur imposante villa héraultaise, la famille est scindée en deux camps. Le schisme est manifeste dans le prétoire alors que d'ordinaire, les "familles se resserrent pour affronter" le drame, constate le président Daniel Duchemin.

D'un côté, il y a ceux qui, comme le père de la victime, Pierre Juan, et les enfants du couple, Marc et Florent, croient à l'innocence de Jean-Michel Bissonnet. De l'autre, ceux qui, autour du frère de Bernadette, Jean-Pierre Juan, sont persuadés qu'il est coupable.

Marc et Florent ne "sont pas dans le déni" parce qu'il serait insupportable d'être "à la fois l'enfant de la victime et l'enfant de l'assassin", mais ils n'ont pas eu la preuve absolue de la culpabilité de leur père, plaide leur avocate Me Raphaële Chalié. Si elle avait trouvé des preuves indubitables, alors elle avait "carte blanche" pour faire bloc contre l'accusé, dit-elle.

Marc Bissonnet, 29 ans, est révolté d'avoir appris "pratiquement par les journaux la constitution de partie civile de (son) oncle et la conviction" de celui-ci de la culpabilité de l'homme d'affaires. Surtout, il en veut à Jean-Pierre Juan d'avoir coupé les ponts avec Pierre Juan, son propre père, âgé et fragile. "Après avoir perdu une fille de la pire des manières, mon grand-père a l'impression d'avoir perdu un fils, dont il a tellement besoin", sanglote-t-il.

Mais Jean-Pierre Juan répète sa conviction qu'il y a un "furieux mensonge dans ce procès, visible pour les uns, invisible pour les autres". "Il faut passer du mensonge à l'aveu", lance-t-il à l'intention de son beau-frère. Sinon, "le pardon n'est pas possible".

Car pour lui, explique l'un de ses conseils, Me Luc Abratkiewicz, aucun doute n'est permis sur le scénario machiavélique ourdi par Jean-Michel Bissonnet. Comment Jean-Pierre Juan pouvait-il "soutenir l'insoutenable" ou "trahir sa soeur", demande-t-il.

"Votre suicide judiciaire, lance-t-il à l'adresse de Jean-Michel Bissonnet, c'est votre problème, mais vous ne pouvez plus continuer à faire souffrir tous ces gens".

La cour a également entendu des écoutes téléphoniques difficiles pour Jean-Michel Bissonnet, qui nie farouchement toutes les accusations.

Dans l'une d'elles, réalisée peu après le drame, l'accusé parle avec une proche de la nécessité de poursuivre sa vie, et d'une épouse qui l'avait "tellement emmerdé qu'elle était inoubliable".

"Oui, j'ai dit ce mot qui permet de m'accuser", explique Jean-Michel Bissonnet à la cour. "Moi, je retiens avoir dit dans cette conversation: je suis seul comme un con".

Les deux avocats généraux prendront la parole mercredi pour dire quelle peine ils réclament contre Jean-Michel Bissonnet et ses co-accusés.

L'homme d'affaires a été condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle, son jardinier à 20 ans, et le vicomte à huit ans de prison.

Le verdict devrait être prononcé jeudi.

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