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Récolte en baisse de 20 à 50% et maintien des prix

Les estimations annoncent une production 2012 de 40 millions d'hectolitres en Espagne, 36 en Italie et 43 en France.

Par Fabrice DUBAULT

Les faibles vendanges envisagées cette année ne devraient pas entraîner de flambée des prix du vin, ont indiqué mardi les responsables de la filière viticole au sein de l'organisme public FranceAgriMer. En Languedoc-Roussillon, selon les parcelles et les départements, les volumes sont en baisse de 20 à 50% par rapport à 2011.

"On n'attend pas d'augmentation des prix: pour le consommateur, ça devrait rester stable", a estimé Jérôme Despey, président du Conseil spécialisé "Vins" de FranceAgriMer qui prévoit "la plus petite récolte depuis 1991".

"La grande distribution a encore des stocks" pour faire face à la demande, a-t-il assuré, rappelant aussi qu'une "hausse des prix de 10 à 15% avait déjà été constatée en 2011".

La grande distribution représente environ les deux-tiers des ventes de vin (en volumes) "à domicile", qui eux-mêmes comptent pour 75% de la consommation française.

FranceAgriMer table cette année sur une production de 42,5 millions d'hectolitres - contre 51 millions en 2011 et une moyenne de 46 à 47 millions sur la décennie écoulée.

"La petite récolte semble aussi se confirmer au plan communautaire", a poursuivi Jérôme Despey: "L'Espagne attend 40 millions d'hectolitres, au même niveau sensiblement que 2011 qui avait déjà été une petite année en raison de la sécheresse; et l'Italie prévoit 36 millions, contre 52 millions en 2011".

La production italienne, qui tombe ainsi à des niveaux extrêmement bas en raison de forts épisodes de gel (comme en France) et de sécheresse, était pourtant passée devant la France en 2010 et se situe d'ordinaire à des quantités équivalentes.

Viticulteur à l'Est de Montpellier, Jérôme Despey a déjà constaté "une baisse de récoltes du chardonnay de 50 à 85% par rapport à 2011" selon les parcelles, avec des rendements de 5 à 6 tonnes/hectare contre 10 t/ha d'ordinaire.

"Sur le merlot, j'en suis à 7 à 8 t/ha là, où on atteint habituellement 12 à 13 t/ha avec l'irrigation", a-t-il poursuivi. "Les vignerons eux-mêmes sont surpris par ces faibles volumes".

A l'heure des vendanges, M. Despey dressait un état de lieux pour les vins de table et de pays - Appellation d'origine protégée (AOP); Indication géographique protégée (IGP) et Sans indication géographique (SIG).

Les SIG, notamment, "permettent aux vins français de rester compétitifs face à la concurrence de l'Australie, du Chili ou de l'Argentine", a-t-il rappelé, soucieux de "ne pas déconnecter (les prix) du marché mondial".

La France exporte 15 millions d'hectolitres (vins et spiritueux) par an - l'équivalent de la vente de 154 Airbus.

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