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Un trésor de pièces romaines dans un champ de maïs

Sur la commune de l'Isle Jourdain, un agriculteur cultivait sa terre où étaient enfouies des milliers de pièces.

Par PC + AFP

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Un trésor romain dans un champs du Gers

Sur la commune de l'Isle Jourdain, un agriculteur cultivait sa terre où étaient enfouies des milliers de pièces.

Après la fouille de la parcelle, les archéologues ont mis à jour trois amphores romaines contenant des milliers de pièces de monnaies en bronze. Leur datation remonte à 1700 ans.

La découverte du trésor en surface de dizaines de pièces par deux amateurs remonte à quelques mois. Le secret a été bien gardé jusque-là, le temps que la récolte du champ soit moissonnée et que l'équipe archéologique prenne le relais. La récolte effectuée, les sondages révèlent la présence des amphores, deux hautes d'environ 80 cm, une troisème de 40 cm, remplies de monnaies. Les pièces ont été mises en sécurité au cours du week-end de la Toussaint, a expliqué lundi le conservateur régional de l'archéologie, Michel Vaginay.

Ce trésor révèle des pièces de bronze, frappées entre 290 et 310 de notre ère à Rome, Londres, Lyon, Carthage ou Trèves (Allemagne), selon les premières expertises. "C'est une découverte importante dans la mesure où des dépôts de ce nombre là pour cette période là ne sont pas fréquents", a-t-il dit à l'AFP, "on en saura plus quand on aura pu étudier les monnaies, mais des dépôts de cette importance-là, il n'y en a pas beaucoup en France et même en Europe; c'est une grosse découverte".

Les services de l'archéologie ont été mis sur la piste par deux bénévoles qui, au début de l'année, avaient prospecté aux alentours de L'Isle-Jourdain, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Toulouse. Ces amateurs prospecteurs n'étaient pas venus là par hasard : ils avaient relevé dans une publication la présence de quelques monnaies romaines et de divers objets dans le même champ. Ils y ont alors décelé 250 pièces, signalées aux services archéologiques. Ces derniers s'accordent avec le propriétaire du terrain et le fermier pour laisser passer les récoltes de maïs avant d'organiser une fouille. "On se doutait qu'avec 250 monnaies en surface, il devait rester quelque chose en dessous", explique le conservateur.

Pendant des mois, les détenteurs du secret assurent la discrétion afin que des chercheurs clandestins ne devancent pas les archéologues. Les récipients avaient été enterrés tellement près du sol - ou celui-ci a tellement été arasé par des générations d'agriculteurs - que "la grande surprise, a été de retrouver seulement maintenant" le trésor, dit le maire, Alain Tourné, dans la confidence depuis février.

La surface abonde de morceaux de poteries et de briques. Mais "on est sûrement là sur de gros domaines ruraux gallo-romains", avance le conservateur régional. A une époque où L'Isle-Jourdain est sans doute un relais routier, un des riches propriétaires fonciers établis sur les coteaux, au-dessus des marécages aura caché ses économies, suppose-t-il. L'époque est troublée, politiquement et économiquement, à Rome et dans les provinces,

note-t-il. C'est aussi une époque de dévaluation monétaire. "On frappe de nouvelles monnaies, mais à chaque fois on en diminue un peu le poids. C'est pour ça que dans le lot on a des pièces de dix à cinq grammes. En 20 ans, on a divisé par deux le poids des monnaies", dit-il.

Les services de l'Etat vont maintenant devoir trancher l'épineuse question des droits de propriété de chacun, à arbitrer entre l'Etat, les inventeurs et le propriétaire du terrain. A Millau, les pièces d'or retrouvées dans la cave d'un jeune couple et estimées à 100 000 euros ont été réclamées par l'Etat.

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