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Verdict : 20 ans pour Naudi, 8 ans pour Goalard

Guillaume Naudi a été condamné à 20 ans de prison. Son complice, acquitté en 1ère instance, est condamné à 8 ans.

Par Fabrice DUBAULT

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Montpellier : ouverture du procès Driss Ghaïb

Ouverture du procès d'assises en appel à Montpellier de l'affaire Ghaïb. Cette soirée du 29 mai 2005, Perpignan s'embrase. Une nuit d'émeutes et un meurtre celui de Driss Ghaïb. En première instance, Guillaume Naudi avait été condamné à 20 ans de réclusion et son complice acquitté.

Guillaume Naudi, qui a reconnu le meurtre de Driss Ghaïb, tué de 5 balles à Perpignan en 2005, a été condamné vendredi, en début d'après-midi à 20 ans de réclusion criminelle, ce qui confirme le verdict de première instance. Jérôme Goalard, reconnu complice, acquitté lors du premier procès, est condamné à 8 ans de prison.

L'acquittement de Jérôme Goalard a été remis en cause par l'appel demandé par Guillaume Naudi.

Contre Guillaume Naudi, qui a avoué le crime, le magistrat avait demandé de 20 à 25 ans de réclusion criminelle. Et contre Jérôme Goalard, qui a toujours nié avoir conduit son ami sur place, et qui avait été acquitté à Perpignan, il avait été requis 10 ans de prison.

Premier jour de procès à Montpellier.

Driss Ghaib a été tué de cinq balles devant chez lui pour une histoire de rivalité amoureuse en 2005. Et comme l'an dernier, à Perpignan en première instance, Guillaume Naudy et Jérôme Goalard sont dans le box des accusés. Naudy a fait appel car il nie la préméditation. Pour Goalard, c'est le parquet qui fait appel de l'acquittement.

Le procès d'Assises en juin 2010 à Perpignan :

Guillaume Naudy a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle par la cours d'assises des Pyrénées-Orientales. L'avocat général avait requis 20 à 25 ans contre lui.

Son complice présumé, Jérôme Goalard a été acquitté par le jury qui n'a donc pas retenu sa culpabilité. Il faut dire que Guillaume Naudy l'avait innocenté.

Pourtant, l'avocat général avait requis 10 ans de prison contre, Jérôme Goallard, qui nie avoir été au volant du véhicule le jour du meurtre.

Le meurtre avec préméditation de Driss Ghaib, Franco-Marocain de 43 ans tué de cinq balles devant sa maison, avait déclenché de violents affrontements entre les communautés gitane et maghrébine dans le centre de Perpignan.

Cet assassinat avait mis le feu aux poudres entre deux groupes déjà sous tension après le meurtre, une semaine plus tôt, d'un Maghrébin par un groupe de gitans.

Il est cependant apparu que les motivations du crime étaient d'ordre passionnelles.

Au moment des faits, Guillaume Naudi avait pour compagne l'ex-amie de Driss Ghaib.

Le 29 mai 2005, le meurtre de Driss Ghaib avait été le "détonateur", selon les termes du procureur de Perpignan, d'une nuit de violentes émeutes dans le centre de Perpignan, où une cinquantaine de véhicules avaient été incendiés et de nombreuses vitrines saccagées. Des dizaines de personnes avaient été mises en garde à vue.

Le complice présumé de Guillaume Naudi, soupçonné de l'avoir aidé en conduisant un véhicule, a été acquitté.

Driss Ghaib a été abattu par balles le 29 mai 2005 à Perpignan

Retour sur les faits :

Le meurtre de Driss Ghaib, Franco-Marocain de 43 ans abattu de cinq balles devant chez lui pour une histoire de rivalité amoureuse, avait mis le feu aux poudres car il survenait au lendemain d'une manifestation tendue durant laquelle la communauté maghrébine avait exprimé sa révolte après un premier meurtre, commis une semaine plus tôt par des gitans.

Pour le procureur de la République de Perpignan, Jean-Pierre Dréno, le meurtre de Driss Ghaib "a été un détonateur, car il y avait une situation explosive à ce moment là".

Le meurtre de Driss Ghaib le 29 mai 2005 avait déclenché une nuit de violentes émeutes dans le centre de Perpignan, où une cinquantaine de véhicules avaient été incendiés et de nombreuses vitrines saccagées.

"C'est un règlement de compte au sujet d'une femme, ce procès n'a rien à voir avec les violences qui ont suivi le meurtre", a souligné le procureur. Au moment des faits, Guillaume Naudy avait pour compagne l'ex-amie de Driss Ghaib.

A la suite des émeutes, le 3 juin, le ministre de l'Intérieur d'alors, Nicolas Sarkozy, s'était rendu à Perpignan où il avait affirmé que "l'Etat ne tolèrerait plus aucune violence".

Il était revenu sur place un an après, alors qu'il était déjà candidat à la présidence, pour prôner "fermeté" et "justice" en matière de lutte contre la délinquance.

Deux hommes sur le banc des accusés :
Guillaume Naudy, le meurtrier présumé de Driss Ghaib, comparaît au côté de Jérôme Goalard, soupçonné de l'avoir conduit sur les lieux du crime.

Le premier, en détention provisoire depuis 2007, est jugé pour assassinat, le second pour complicité d'assassinat.

Le procès devait avoir lieu fin 2009, mais il a fallu attendre l'extradition de Jérôme Goalard depuis Madagascar, où il s'était enfui malgré son contrôle judiciaire.

Un contexte de tensions :
Le premier meurtre, à l'origine des tensions entre les communautés maghrébine et gitane, s'était déroulé le 22 mai, exactement une semaine avant celui de Driss Ghaib.

Ce jour-là, Mohamed Bey Bachir, Franco-Algérien de 28 ans, avait été battu à mort dans un petit café d'un quartier populaire du centre de Perpignan. Une semaine de face-à-face tendu entre les deux communautés n'avait généré aucun incident majeur.

Cinq ans après les émeutes, la préfecture des Pyrénées-Orientales affirme que la situation est apaisée dans les vieilles ruelles étroites du quartier Saint-Jacques, dans le centre de Perpignan. D'autres voix soutiennent que les tensions restent vives et qu'une étincelle pourrait provoquer de nouveaux affrontements.

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