30 ans requis à l'encontre de Jean-Louis Cayrou accusé d'avoir tué Patricia Wilson

Jean-Louis Cayrou et son avocat, Me Jacques Lévy / © Max PPP
Jean-Louis Cayrou et son avocat, Me Jacques Lévy / © Max PPP

L'avocat général a requis 30 années de réclusion criminelle à l'encontre de Jean-Louis Cayrou, le jardinier accusé d'avoir tué en 2012 l'Anglaise Patricia Wilson dont le corps n'a jamais été retrouvé. Verdict attendu dans la soirée devant  la cour d'Assises de l'Aveyron

Par VA.

L'avocate générale Manon Brignol a demandé lundi après-midi au jurés de la Cour d'Assises de l'Aveyron de déclarer Jean-Louis Cayrou "coupable d'assassinat et de le condamner à une peine de 30 ans de réclusion criminelle".

Dans ses réquisitions, la magistrate a décrit l'accusé comme "un homme profondément égoïste et d'une totale lâcheté, incapable d'assumer ses fautes".

"C'est un homme qui aime posséder les femmes et les faire souffrir, un homme d'une jalousie morbide", a-t-elle soutenu.

Avant de tenter de persuader le jury que "nous n'avons pas besoin de ses aveux". "Tout est parfaitement limpide, à part, c'est vrai, une chose sur laquelle vous avez réussi, c'est de cacher le corps de Patricia Wilson.", s'est-t-elle exclamé.

Selon l'avocate générale, Jean-Louis Cayrou n'avait pas supporté la rupture décidée par Patricia Wilson peu de temps avant.

"Oui, Jean-Louis Cayrou est l'assassin de Patricia Wilson", a-t-elle martelé, évoquant les traces de sang dans la voiture de l'accusé, les relevés téléphoniques montrant des appels peu de temps avant la disparition, les témoignages de proches de la disparue et les "incohérences, mensonges et versions évolutives" de l'accusé.

"C'est un homme jamais condamné par le passé, c'est un élément à mettre en sa faveur", a-t-elle nuancé, s'adressant aux jurés.

"Pour autant, vous ne devrez pas minimiser l'exceptionnelle gravité des faits. Il mérite une sanction à la hauteur de l'horreur du crime commis, et qui tienne compte du silence inacceptable quant à l'endroit où se trouve le corps", a-t-elle conclu.

Le procès de jean-Louis Cayrou avait repris lundi matin devant les assises de l'Aveyron, après que l'accusé a tenté samedi de se suicider à la maison d'arrêt de Rodez.

Le président Régis Cayrol avait déclaré lundi matin qu'un examen médical avait jugé l'accusé, Jean-Louis Cayrou "apte à comparaître", avant de reprendre l'audience.

Jean-Louis Cayrou, 54 ans, qui clame son innocence, a été retrouvé dans sa cellule samedi matin "dans un état un peu groggy avec des traces de mutilation très légères" au niveau des avant-bras, du visage et des jambes, avait indiqué le parquet.

L'accusé, dont les jours n'étaient pas en danger, a été orienté vers l'hôpital psychiatrique de Rodez pour une consultation avant de réintégrer l'établissement pénitentiaire sans nouveau traitement médicamenteux.

Le détenu a déclaré "ne pas se souvenir de ce qui s'est passé".

"Je tiens à indiquer que Monsieur Cayrou a fait une tentative de suicide vendredi soir dans la nuit, que je n'ai été informé de cette situation que par la bonne volonté de ma consoeur des parties civiles", s'est indigné lundi Me Jacques Lévy, avocat de Jean-Louis Cayrou.

"Personne ne m'a informé officiellement de cet incident" avant dimanche midi, a ajouté l'avocat. "Je trouve qu'il s'agit d'une atteinte inacceptable au droit
de la défense, et je donnerais les suites qu'il convient de donner à cet incident", a-t-il assuré.

Jean-Louis Cayrou comparaît depuis le 23 mai. Il est accusé d'avoir assassiné Patricia Wilson, 58 ans, disparue en août 2012 de son domicile près de Vabre-Tizac (Aveyron).

Après les plaidoiries de la défense, le verdict, initialement prévu mardi, est attendu dans la soirée de lundi.

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