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Pâques : la guerre de l'agneau continue

L'agneau néo-zélandais, le plus souvent convoyée par bateaux, est conservée grâce à la technique dite de l'atmosphère contrôlée. / © France 3 Midi-Pyrénées
L'agneau néo-zélandais, le plus souvent convoyée par bateaux, est conservée grâce à la technique dite de l'atmosphère contrôlée. / © France 3 Midi-Pyrénées

Comme chaque année, les éleveurs d'agneaux français protestent contre la concurrence déloyale de l'agneau néo-zélandais. En cette veille de week-end pascal, des agriculteurs aveyronnais ont manifesté dans une grande surface de Rodez pour promouvoir la production locale. 

Par Marie Martin

Des éleveurs ovins ont manifesté vendredi après-midi dans une grande surface de Rodez pour dénoncer la concurrence jugée déloyale de l'agneau
importé de Nouvelle-Zélande.
Réunis à l'appel de la fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) et des Jeunes agriculteurs, ils ont aussi exigé de la grande distribution qu'elle fasse la promotion de la production locale.
Les manifestants, une quinzaine de syndicalistes, ont d'abord eu un vif échange avec la direction sur la présence importante d'agneaux néo-zélandais dans les rayons avant de s'apaiser après avoir constaté que les frigos contenaient essentiellement de l'agneau français.
Le directeur du magasin s'est engagé à "ne proposer désormais que de l'agneau français en période de Pâques", époque où les chrétiens consomment traditionnellement de l'agneau et qui représente pour les éleveurs un important pic d'activité.

Jean-François Cazottes, responsable de la section ovins de la Fdsea de l'Aveyron, un des plus importants départements ovins de France, a dénoncé "les prix cassés qui défient toute concurrence" de l'agneau néo-zélandais.
L'agneau de Nouvelle-Zélande est vendu surgelé ou "chilled", une technique qui permet de conserver la viande sous vide jusqu'à six semaines, entre 6 et 8 euros le kg, expliquent les professionnels. L'agneau français tourne autour de 15 euros le kg, avec des pointes supérieures à 20 euros le kilo pour de la viande bio. Difficile donc de concurrencer cet agneau "miracle", avec les contraintes imposés aux éleveurs français en matière de cahier des charges et de traçabilité. Les éleveurs d'ovins français, qui ne satisfont que 40 % de la demande hexagonale, réclament une harmonisation des marges et un prix décent payé aux éleveurs. Ils demandent également que la date d'abattage soit plus clairement inscrite sur les produits en vente. L'année dernière à la même époque, des éleveurs avaient manifesté dans plusieurs grandes surfaces de l'agglomération toulousaine, en collant notamment sur les gigots des étiquettes posant cette question : "Combien de kilomètres aura parcouru cet agneau avant d'arriver dans votre assiette ?"
En 2013 toujours, le sénateur aveyronnais Alain Fauconnier s'était ému de cette situation et l'avait exposé au palais du Luxembourg.
L'Aveyron compte environ 720.000 brebis reproductrices, soit 15% du cheptel national, selon les chiffres de la FDSEA.

Voir ici le reportage de Luc Tazelmati et Dominique Cantrelle, de France 3 Querçy-Rouergue : 

Action FDSEA contre agneau néo-zélandais

 

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