Les questions après le meurtre d'une technicienne agricole dans la ferme de Mayran (Aveyron)

Près de l'exploitation laitière de Mayran, l'étang où s'est produit le drame / © AFP
Près de l'exploitation laitière de Mayran, l'étang où s'est produit le drame / © AFP

Une jeune conseillère agricole a été "traînée et tuée" dans un étang glacé mercredi dans une ferme laitière aveyronnaise, où elle "serait morte étouffée, noyée", a déclaré le procureur. Que sait-on des circonstances du meurtre et du mobile ?

Par Anissa Harraou

"Il n'y avait pas de contentieux particulier entre l'auteur et la victime", selon le procureur de la République de Rodez, Yves Delpérié. Alors, quelles peuvent être donc les raisons de cet acte ? 


"Des frères qui s'engueulent tout le temps"

Les deux frères vivaient seuls "enfermés" avec leur père de 78 ans, dont ils avaient repris l'exploitation, a rapporté leur voisin, Gilbert Pouget, qui avait employé Xavier pendant une dizaine d'années comme saisonnier dans son entreprise de construction.

"Ce sont deux frères qui s'engueulent tout le temps, ils ne sortent que pour la traite des bêtes", a-t-il expliqué. Il ne "s'étonne pas" du drame car le gardé à vue est "dépressif" depuis le décès de sa mère et "a dû péter un câble".

Le maire de Mayran, Yves Mazars, agriculteur retraité, s'est dit "attristé", évoquant les deux frères, ses "voisins" qui avaient repris l'exploitation de leur père, comme une "famille très vaillante et tranquille". Le maire a déclaré devant la presse "ne pas penser que les frères avaient des problèmes d'argent", soulignant qu'ils produisaient du lait et de la viande.

Le gardé à vue "ne donne aucune raison à son geste", a ajouté le procureur, ses "motivations sont extrêmement floues" et seule l'autopsie, prévue jeudi à Montpellier, dira avec certitude si la victime était morte avant d'être jetée dans l'étang. Par ailleurs, une expertise psychiatrique devait également être menée jeudi.

La garde à vue du meurtrier présumé prendra fin demain à 9 heures. 

Il n'y a pas "pas eu d'altercation entre eux"

Une source proche de l'enquête confirme un "coup de folie" et "une capacité de discernement altérée." 

Le procureur a précisé qu'il n'y a "pas eu d'altercation entre eux" et que, selon l'agresseur, la victime avait fini sa mission de conseil. "Il l'a attrapée, il l'a agressée et il l'a tuée", ajoutant : "il l'a prise à bras-le-corps, l'a traînée vers un étang proche". Les raisons de cette agression demeurent floues, a ajouté Yves Delpérié. 


Des ecchymoses sur la dépouille

Après être tombée en arrêt cardio-respiratoire, la contrôleuse est décédée vers 9 heures  mercredi matin. Une enquête, confiée à la gendarmerie qui privilégie la suspicion d'homicide,  a été ouverte pour rechercher les causes de la mort.

D'après les premiers éléments, la dépouille de la jeune technicienne portait des "traces d'ecchymoses". "Elle a vraisemblablement résisté", a-t-on précisé de source judiciaire.

Drame de Mayran
Drame de Mayran : une autopsie devait avoir lieu jeudi et une expertise psychiatrique doit être menée sur l'auteur présumé du crime afin de déterminer sa responsabilité pénale.

 

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