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Pesticides : sans attendre 2017, Barjac dans le Gard fait sa révolution verte

Barjac ville médiévale du Gard / © Maxppp
Barjac ville médiévale du Gard / © Maxppp

Entretenir les jardins et les parcs publics sans utiliser de pesticides? Dans neuf mois, la loi va imposer cette révolution verte à toutes les collectivités locales, en dépit des réticences de nombreux élus. Et c'est déjà le cas à Barjac dans le Gard.

Par L.C. et AFP


"Nous butons souvent sur l'argument: ce n'est pas possible", rapporte Stéphen Kerckhove de l'ONG Agir pour l'environnement, co-organisateur d'une table-ronde cette semaine à l'Assemblée nationale avec des élus ayant adopté une politique sans pesticide. "Certains l'ont fait, aux autres de s'inspirer de leurs expériences", lance-t-il.

Au 1er janvier 2017, conformément à la loi Labbé (2014), complétée par loi sur la transition énergétique (2015), les produits phytosanitaires (herbicides, fongicides, insecticides) seront interdits pour l'entretien de la voirie et des espaces verts publics (parcs, jardins, squares, massifs ornementaux, etc.), à l'exception des terrains de sport et des cimetières.
"Il y a une vraie dynamique, mais il faut accélérer, et les maires déjà impliqués dans la démarche ont un rôle à jouer", souligne Joel Labbé, sénateur EELV.
La loi ne prévoit pas de sanction pour les mauvais élèves, mais les citoyens pourront interpeller leurs élus et les associations attaquer en justice les communes récalcitrantes, explique Stéphen Kerckhove.
Les usages non-agricoles (collectivités et particuliers) représentent environ 10% des pesticides utilisés chaque année en France, selon Générations futures.

Lors de la table-ronde à l'Assemblée, cette ONG a indiqué avoir recensé plus de 440 municipalités "zéro pesticide" en France sur un total de 36.000. "Ce chiffre reposant sur une déclaration volontaire des communes sur notre site, a priori il y en a donc beaucoup plus", indique Sophie Bordères de Générations futures.

Vision de la nature en ville 

Lors de la table-ronde, des représentants de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), Barjac (Gard), Miramas (Bouches-du-Rhône), Lardy (Essonne), Bouvron (Loire-Atlantique) et Langouet (Ille-et-Vilaine) ont raconté comment leur commune a tourné le dos à l'industrie agrochimique.
"Arrêter les phytosanitaires, c'est une nouvelle contrainte pour les employés, il faut donc convaincre en expliquant pourquoi et comment on va le faire", résume Cédric Cazal de Miramas. "Nous avons mis en avant les risques pour la santé encourus par les agents" qui utilisent ces produits régulièrement, explique le technicien, et "nous nous sommes aussi appuyés sur une étude qui montrait que la quasi-totalité des rivières de notre région était polluée" par des résidus de pesticides.

Pour éviter les pesticides, la liste des options est longue: désherbage mécanique (sarcloirs, ciseaux, balais en acier ou en nylon, etc.), désherbage thermique (eau chaude, vapeur, gaz), paillages pour éviter la repousse (feuilles mortes, copeaux de bois, herbe de tonte, etc.), plantes couvrantes, animaux en pâturage, etc.

L'exemple de Barjac dans le Gard

Petite ville du Gard située au carrefour du parc national des Cévennes, Barjac a reçu le 1er prix des “communes bios” et le 3ème prix des “communes bios sans pesticides” en 2015.
Barjac, 1 546 habitants avec l’aide de Terre de Liens a investi dans une ancienne ferme abandonnée, qu’elle a mise en location au profit d’agriculteurs prêts à produire bio pour la cantine du village.
Depuis, 300 repas sont préparés chaque jour dans la cuisine centrale et distribués aux élèves de la commune et de ses alentours, ainsi qu’aux personnes âgées ou handicapées qui bénéficient d’un service de portage à domicile.

Un kit pour inciter les communes à agir

Il existe un kit pour inciter les communes à porter le 0% Phyto.

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