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Manifestation d'enseignants contre la réforme des rythmes scolaires à Nîmes

© France3LR / Eric Felix
© France3LR / Eric Felix

70 à 80 personnes ont manifesté ce 26 février après-midi devant la direction départementale de l'éducation nationale à Nîmes pour demander l'abrogation de la loi sur les nouveaux rythmes scolaires. enseignants et parents d'élèves

Par Laurence Creusot

La semaine de quatre jours et demi, mercredi compris, continue de susciter l'opposition des syndicats d'enseignants du Gard.
Témoin cette action devant les locaux de la direction de l'éducation nationale dans le Gard.
Cette réforme, qui marque le retour à la semaine de 4,5 jours en primaire, est effective depuis cinq mois dans 17% des communes en France et doit s'appliquer partout ailleurs à la rentrée 2014.

Parmi les manifestants nîmois, des instituteurs et des parents d'élèves.
Ni l'un ni l'autre ne travaillent dans des établissements appliquant déjà la semaine de 4 jours 1/2 mais s'inquiètent de la mise en place à la rentrée prochaine.
Philippe Viannay, professeur des écoles à Nîmes 

Nîmes (30) le non à la classe du mercredi des enseignants
Philippe Viannay, professeur des écoles à Nîmes

Aurélie Quiot, parente d'élève à Jonquières St Vincent dans le Gard

Nîmes (30) : le non au mercredi des parents d'élèves
Aurélie Quiot, parente d'élève à Jonquières St Vincent


Etat des lieux d'une réforme

Environ 1,3 million d'écoliers parmi les 5,8 millions scolarisés dans le public sont passés aux nouveaux rythmes, dans 4.000 des 24.000 communes possédant une école. Deux communes ont suspendu la réforme.
Les autres doivent embrayer en septembre: pour 88%, la fixation des horaires, généralement avec classe le mercredi matin, "est réglée ou en voie de règlement", selon le ministère. Dans 5% à 6% des communes, "il y a encore des difficultés", par exemple pour l'organisation du transport scolaire, tandis que dans les autres "il semble qu'il y ait une résistance, une contestation de la réforme".

L'objectif est d'offrir un "meilleur temps scolaire". Les écoliers conservent 24 heures de classe hebdomadaires, avec des journées raccourcies et une cinquième matinée pour apprendre lorsqu'ils sont plus réceptifs.

Les communes peuvent organiser des activités périscolaires, à leur charge pour un coût évalué par l'Association des maires de France (AMF) à 150 euros par élève par an. Dans les villes déjà concernées, 60% à 80% des enfants bénéficient de ces activités, contre 20% avant, vante le ministère qui récuse un accroissement des inégalités suivant les moyens des communes.

Pour aider les collectivités, l'Etat a apporté une aide de 50 euros annuels par enfant (90 en zone rurale ou urbaine sensible), reconduite en 2014 pour celles qui ont déjà démarré. S'y ajoutent 53 euros de la Caisse d'allocations familiales si elles organisent les activités périscolaires. Les maires réclament une pérennisation du financement.

Tensions apparemment retombées

Les tensions qui ont accompagné la mise en oeuvre de la réforme semblent retombées. Toutefois, des collectifs de parents appellent encore à boycotter les écoles et à manifester.

A la rentrée 2013, la réforme avait été la cible de critiques d'enseignants, parents et élus UMP : fatigue des enfants, "confusion" entre temps scolaire et périscolaire, tensions dans le partage des locaux. Pour l'UMP la réforme induira des hausses d'impôts locaux.
Le SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, réclame un assouplissement du décret sur les rythmes et la fédération de parents d'élèves Peep son abrogation, contrairement à la FCPE qui défend la réforme.

La satisfaction l'emporte dans 83% des communes pionnières mais la majorité se plaint d'une "grande complexité" et du coût, selon une enquête de l'AMF. Les acteurs y "expriment le plus souvent leur satisfaction et un large accord sur l'intérêt de la réforme", selon un rapport du comité de suivi présidé par la rectrice de Lyon Françoise Moulin Civil.

"Les premières semaines ont parfois été délicates, avec des tâtonnements, des interrogations sur l'organisation matérielle et sur les coûts", ajoute-t-elle.
Des ajustements ont eu lieu, notamment pour la sieste en maternelle. "Les activités périscolaires sont globalement d'une grande variété et, le plus souvent, répondent à une exigence de qualité en termes de contenu et encadrement."
S'agissant "d'abord" d'une réforme "pour rendre les apprentissages plus efficaces, on ne doit pas en occulter le fondement par les discours centrés presque exclusivement" sur le périscolaire, selon ce rapport, mais "l'information des parents n'a pas toujours été suffisante".
Le retour à la semaine de 4,5 jours, abandonnée en 2008, faisait quasiment l'unanimité avant la mise en place de la réforme.

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