Meurtre de Rousson : une septuagénaire “fragile et soumise“ jugée pour avoir abattu un mari ”dominant”

Nîmes : une septuagénaire jugée aux assises pour avoir tué son mari le 7 septembre 2014, à Rousson dans le Gard, avec un fusil de chasse - 13 janvier 2017. / © F3 LR
Nîmes : une septuagénaire jugée aux assises pour avoir tué son mari le 7 septembre 2014, à Rousson dans le Gard, avec un fusil de chasse - 13 janvier 2017. / © F3 LR

Premier jour, ce vendredi, du procès du meurtre de Rousson, en septembre 2014. Une septuagénaire "fragile et soumise" est jugée depuis cet après-midi devant la cour d'assises du Gard à Nîmes, pour avoir tué "sur une impulsion", un mari "dominant".

Par FD avec afp


Au début de l'audience, Mireille Ayala, 72 ans, cheveux gris et visage triste, a rejoint le box des accusés aidée par ses deux avocates. La septuagénaire semblait absente lorsque la présidente s'adressait à elle.

Face à elle, sur le banc des parties civiles, son fils unique Franck.
La femme est jugée pour homicide volontaire sur conjoint.

La femme avoue le meurtre après avoir soutenu la thèse du suicide


Le 7 septembre 2014, vers 2H30 du matin, elle appelle son fils à l'aide en lui disant "papa m'a tiré dessus et il a retourné l'arme contre lui". Sur place, le fils découvre sa mère dans le salon, blessée à la tête et désorientée et son père, âgé de 71 ans, gisant au sous-sol dans une mare de sang.
A nouveau interrogée en novembre 2014, Mireille Ayala dit vouloir soulager sa conscience. Elle indique avoir en vérité été chercher une carabine à un coup au premier étage, après une dispute conjugale au cours de laquelle son époux lui aurait
annoncé "je vais te quitter".
Elle aurait ensuite tiré sans une parole dans le thorax de son mari alors qu'elle se trouvait à un mètre de celui qu'elle soupçonnait d'entretenir une relation adultère.

"Une impulsion" et une "tristesse pathologique de l'humeur"


Mireille Ayala assure avoir ensuite fait une tentative de suicide. "Je reconnais les faits", a-t-elle dit vendredi d'une voix faible.
L'enquête de personnalité évoque "une jeune fille insouciante et joviale, choyée par sa famille", lorsqu'elle rencontre à 16 ans, Bernard Fernandez, qu'elle épouse quatre ans plus tard, en 1965.
Mais l'enquêtrice parle à la barre de "relations difficiles dès le début", entre les deux époux, M. Fernandez se montrant "jaloux", "coléreux", "violent", enfermant par exemple sa femme dans la maison avant de partir travailler. 
L'enquêtrice décrit une femme "fragile, très soumise" et "sous l'emprise d'un mari dominant". Elle souligne un "état dépressif très ancien", datant de 1979 et plusieurs hospitalisations à la clinique psychiatrique de Quissac dans le Gard.

L'enquêtrice assure que l'accusée lui a expliqué avoir tiré sur son mari "sur une impulsion", affirmant qu'elle "n'en pouvait plus qu'il lui parle mal et la dénigre". L'expert psychiatre Laurent Layet, qui l'a vue en 2015, a relevé chez l'accusée une "tristesse pathologique de l'humeur" et une "grande dépendance affective".

L'accusée, résume-t-il, "ne pouvait pas envisager de vivre sans son mari mais ne pouvait plus vivre avec lui".


Mireille Ayala est passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu mardi.

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