Neuf associations environnementales portent plainte pour fraude à l'étiquetage de produits pesticides

Après la découverte dans 14 produits herbicides grand public de traces d'Arsenic et de substances cancérigènes non déclarées sur les étiquettes, 9 associations portent plainte contre X pour fraude à l'étiquetage et mise en danger de la vie d'autrui et demandent le retrait immédiat de ces pesticides.
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Photo d'illustration © MaxPPP
Des herbicides très dangereux pour la santé, non identifiés comme tels par leurs étiquettes, en accès libre sur le rayonnage des grandes surfaces de la région, comme un peu partout en France : voilà pourquoiun collectif de 9 associations de défense de l'environnement (1) ont annoncé ce mardi le dépôt d'une plainte contre X pour "fraude à l’étiquetage, mise en danger de la vie d’autrui et atteinte à l’environnement" auprès du Pôle Santé du parquet de Paris. 

Cette plainte se base sur l'étude scientifique publiée en octobre dernier dans la revue Food and Chemical Toxicology des chercheurs Gilles-Eric Séralini et Gérald Jungers​, établissant dans 14 herbicides, commercialisés comme alternatives aux pesticides contenant du glyphosate. la présence de produits toxiques que les étiquettes ne mentionnent pas. 

Dans ces 14 herbicides sans glyphosate analysés, les chercheurs ont trouvé une présence fréquente de substances très  dangereuses non indiquées sur l’étiquette des produits. Il s'agit des métaux lourds et des métalloïdes comme l’Arsenic, le Cuivre, le Plomb, le Nickel. Des hydrocarbures polycycliques aromatiques ont également été détectés dans 12 herbicides, dont certains sont des cancérogènes bien identifiés comme le benzo(A)pyrène. 

Les 9 associations plaignantes lancent également une campagne citoyenne baptisée Secrets Toxiques​, pour exiger le retrait des 14 pesticides du marché européen et la remise en cause du système d’évaluation de ces produits.

Selon la règlementation européenne, "l'effet cocktail des différents composants d'un produit doit pouvoir être évalué," souligne Me Guillaume Tumerelle, l'avocat des associations environnementales. "Si des produits ne sont pas déclarés dans les dossiers de demande de mise sur le marché", l'effet cocktail ne peut pas être mesuré, poursuit-il. "L'étiquetage de toutes les substances potentiellement dangereuses est obligatoire", a encore souligné l'avocat, y décelant "une suspicion de fraude".




(1)Campagne Glyphosate France, Générations Futures, Nature & Progrès, Intelligence Verte, PIG BZH, ZEA, Bio Cohérence, Combat Monsanto et Agir pour l’environnement

(2) distribués par LMONSANTO TECHNOLOGY LCC, SCOTTS France SAS, JADE, COMPO France SAS, W. NEUDORFF GmBH Kg, BELCHIM CROP PROTECTION, TARGET SA, COMPO POLAND, SBM LIFE SCIENCE SAS & BROSS SP Zo.o.sp.k
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