Occitanie : les sages-femmes en grève ce week-end pour dénoncer un manque de reconnaissance et des salaires trop bas

Manque de reconnaissance, salaires insuffisants, épuisement, les sages-femmes sont en grève ce week-end partout en France. Un mouvement qui répond à un appel national de plusieurs syndicats et très suivi en Occitanie.

Nous sommes épuisées, explique Laureen Belenguer, sage-femme depuis plus de 10 ans à la clinique Boyé de Montauban :

Il y a énormément d’arrêt maladie, de burn out, on aime notre métier car on travaille pour les femmes mais là ce n’est plus possible, on travaille en sous-effectif et dangereusement".

Ce mouvement de grève est suivi par l’ensemble du personnel de la maternité.

Même son de cloche à la clinique Rive Gauche de Toulouse où 95 % des sages-femmes du service maternité sont en grève. Ces professionnels dénoncent un manque de reconnaissance de leur travail et des salaires trop bas. Toutes fustigent les annonces d’Olivier Véran concernant "la profession de sages-femmes et la périnatalité". Des annonces du 16 septembre dernier jugées plus que décevantes. Le rapport de l’inspection générale des affaires sociales sur "l’évolution de la profession de sage-femmes", appelé  IGAS, est lui aussi très contesté.

Une revalorisation salariale qui n’est pas à la hauteur des attentes

Le ministre de la santé, Olivier Véran a annoncé une revalorisation salariale de 100 euros net par mois, une somme qui se rajoute aux 183 euros proposés par le Ségur de la santé. Une mesure très insuffisante pour les professionnels notamment pour les sages-femmes du secteur privé. Anne-Laure Inglese précise que la différence nette de revenu entre les salariés du public et ceux des cliniques est de 400 euros.

"Ce n’est pas suffisant, après 5 années d’études on débute avec 1600 euros dans le privé et 1800 euros dans le public, après 15 ans d’exercice je touche 2300 euros net par mois", explique Laureen Belenguer.

Des salaires insuffisants et des professionnels qui se disent à bout, épuisés. "Il y a une pénurie de recrutement du coup on fait des heures supplémentaires, on a été rappelées sur nos vacances d’été, vraiment on ne fait pas souvent grève mais là on dit stop, c’est trop risqué", rajoute Laureen Belenguer.

Manque d’effectifs

Un salaire et des conditions de travail qui attirent de moins en moins de candidats. Dans les services de maternité, le manque de personnel se fait sentir et les professionnels sont pressurisés.

"Ce n’est pas normal on a la responsabilité de plusieurs vies à chaque garde, c’est compliqué sur le plan physiologique et pathologique, il faut que les médecins nous soutiennent", renchérit Laureen

A la clinique Rive Gauche de Toulouse, le service de maternité est soutenu par sa direction, les médecins, gynécologues et obstétriciens. Il y a 3800 naissances par an à la clinique, précise Anne-Laure Inglese et "les 40 sages-femmes du service sont en grève, nous sommes très mobilisées, prêtes à reconduire le mouvement".

"Un statut qui n’est pas reconnu"

De nombreux professionnels revendiquent le statut de praticien pour les sages-femmes ce qui permettrait d’acquérir un grade unique.

On nous rajoute sans cesse des compétences, gynécologie ou obstétrique, IVG... car il manque de plus en plus de médecins mais nous ne sommes pas rémunérées pour toutes ces compétences et ces responsabilités qui se rajoutent.

Anne-Laure Inglese

Toutes les sages-femmes en grève et qui devaient assurer une garde ce week-end ont été réquisitionnées. Selon Laureen Belenguer, en raison de la grève le service de maternité de la clinique du Pont de Chaumes à Montauban n’a pas fonctionné ce week-end. Le groupe Elsan a l’intention de fermer le service, 17 personnes devraient être licenciées.

Plus que jamais motivées dans ce mouvement, Anne-Laure et Laureen sont déjà prêtes à se mettre en grève et à manifester le 7 octobre prochain. L’UNSSF, l’Union Nationale et Syndicale des sages-femmes "appelle toutes les sages-femmes, quel que soit leur mode d’exercice, à se déclarer grévistes, à fermer leur cabinet et à venir manifeste".

Le syndicat précise dans un coommuniqué " qu'après les réponses plus que vagues du ministre, à la suite d'un rapport IGAS décevant, la poursuite du mouvement s'impose".

L’UNSSF exige des réponses concrètes du Ministère concernant :

 

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