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Procès pour braquage de l'ancien directeur d'agence postale à Toulouse : le témoignage à charge d'un policier

Dossier Redouane Ikil à la cour d'assises d'Albi. / © France 3 Occitanie
Dossier Redouane Ikil à la cour d'assises d'Albi. / © France 3 Occitanie

Un officier de police judiciaire a été longuement auditionné, mardi 2 juillet 2019, 3ème jour du procès en appel de Redouane Ikil et Fabien Djetcha, poursuivis pour le braquage de deux bureaux de poste à Toulouse en 2012 et 2013. Un témoignage sans détours.

Par Marie Martin

Habitués à témoigner à la barre, notamment dans les procès aux assises, les officiers de police judiciaire sont généralement très précis. Très exhaustifs. Et aussi très prudents. Les faits. Rien que les faits. 

Laurent R. n'a pas les mêmes scrupules. Lui qui a enquêté sur le braquage de la banque postale de Saint-Cyprien, à Toulouse, le 2 mai 2013, a un franc-parler et des opinions.

Tous les personnages liés à cette affaire, de Redouane Ikil à Fabien Djetcha, en passant par une petite dizaine de personnes connues des services police, le sont aussi entre eux. "Tous des boxeurs, tous des braqueurs", affirme le policier. 
 

En garde-à-vue, ils se "tiennent" tous. Dès qu'un élément vient se heurter à leur version des faits, celle-ci évolue. Comment font-ils donc pour s'informer de leurs déclarations réciproques, même en garde-à-vue ?, s'étonnent les avocats. "Ils communiquent au moins aussi bien en garde-à-vue qu'en prison", ironise le policier.

Pour lui, cet "excès" de communication entre les différents protagonistes a considérablement compliqué l'enquête. "On avait face à nous des individus qui répondaient invariablement : "Je ne sais pas. J'ai oublié". Il y a policier et il y a magicien, c'est pas le même métier".
Mais lui n'a aucun doute. Tous les individus concernés sont liés ne serait-ce que par leurs différents téléphones. "C'est quand même étonnant dans cette affaire tous ces types qui utilisent plein de téléphones avec les mêmes numéros qui reviennent sans cesse".
 

L'agression de Redouane Ikil à son domicile, quelques mois avant le second braquage ? Il n'y croit pas un instant. Les constatations n'ont rien donné, personne n'a jamais vu les blessures de l'ancien directeur de Poste, il ne s'en est ouvert à aucun de ses proches. Et puis, "Redouane Ikil, c'est pas une danseuse étoile, c'est un boxeur ! On le voit mal se laisser faire..."

Le policier, qui n'exerce plus à Toulouse, lance un pavé dans la mare. "Qu'est devenu cet argent [celui du premier braquage] qu'on n'a jamais retrouvé ? Fabien Djetcha était-il un simple porteur de valises ?" Il évoque un appel de ce dernier alors qu'il est sous écoute. Il déclare notamment : "Ils nous auront jamais parce que pendant qu'on coupe des têtes, ils se débattent avec leurs JLD (juge des libertés et de la détention)".

Fabien Djetcha n'est pas aussi idiot qu'il en a l'air, affirme Laurent R. "C'est un grand frère, un religieux. Ce qu'il fait en prison, c'est du prosélytisme..."
 



 

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