Procès de la “démembreuse“ de Toulouse : ”C'est monstrueux de faire ça à quelqu'un d'aussi gentil”

Depuis le début du procès, les audiences se tiennent dans un silence quasi absolu. / © Luc Perillat/Drawmyevents
Depuis le début du procès, les audiences se tiennent dans un silence quasi absolu. / © Luc Perillat/Drawmyevents

Mercredi 23 octobre 2019, troisième jour du procès de Sophie Masala, jugée pour le meurtre de Maryline Planche en 2016 à Toulouse, un collègue des deux femmes a témoigné en visio-conférence depuis l'Ile de la Réunion. Il décrit la victime comme la personne "la plus gentille que j'ai jamais connue".

Par Marie Martin

Matthieu B. était conseiller à l'Agefiph de Toulouse, au moment des faits. Il était le collègue de la victime, Maryline Planche, et celui de sa meurtrière, Sophie Masala. Il témoigne depuis l'Ile de la Réunion où il a demandé sa mutation, après le drame.

Pour lui, toute l'affaire a commencé par le vol des tickets restaurants. Rapidement, explique-t-il, les soupçons se portent sur Sophie Masala qui d'ailleurs avoue.

Et puis intervient la disparition inquiétante de Maryline Planche. La police auditionne rapidement ses collègues, dont Matthieu B.
 

Il décrit Maryline comme une personne "discrète, fiable, très professionnelle et extrêmement gentille". Sophie Masala ? "Elle était plutôt joviale mais je n'avais pas forcément d'attaches avec elle". Contrairement à Maryline avec laquelle il entretient une relation professionnelle proche de l'amitié même si Maryline "séparait vraiment le travail et sa vie privée".

Il sait que Sophie Masala se moque et critique Maryline et le 11 mai 2016, veille de la mort de cette dernière, il lui rapporte ces faits. Maryline vient de se faire opérer de la cataracte, elle est fatiguée mais à part ça, égale à elle-même. Ils plaisantent.

Le lendemain, il reçoit un SMS de Maryline Planche. Sa collègue, qui est toujours en arrêt maladie, a besoin d'un conseil. Sophie Masala lui a envoyé un SMS pour prendre de ses nouvelles, elle en est très étonnée étant donné "ce qu'elle pense de moi". "Que dois-je faire, à ton avis ? Lui répondre ?" Matthieu B. lui conseille de se limiter à un SMS. 

En fait, les deux femmes échangent par téléphone. Et quelques heures plus tard, Maryline meurt chez elle sous les coups de sa collègue. Mais cela, Matthieu B. ne l'apprendra que plus tard.

Le 18 mai, il reçoit lui-même un SMS du téléphone de Maryline dont il comprend vite qu'il ne peut pas avoir été écrit par elle. Le message est "bourré de fautes, elle raconte n'importe quoi". Matthieu B. commence à s'inquiéter.

Avec deux de ses collègues, il se rend au domicile de Maryline. Ils restent dans le hall et lui dépose ce message dans la boîte aux lettres de Maryline Planche : "Maryline, il y a un gros problème avec Sophie. Il semblerait qu'elle ait ton portable. Je m'inquiète. Appelle-moi". 

La suite, c'est l'annonce de la mort de Maryline, dans les circonstances que l'on connaît, et rapidement, l'arrestation de Sophie Masala. Matthieu B. est encore sous le choc.

C'est tellement monstrueux de faire ça à quelqu'un d'aussi gentil et faible que Maryline

"Cela a été un choc incroyable", poursuit-il. Invité à s'exprimer sur l'accusée, telle qu'il la percevait avant les faits, il dit ceci : "Elle avait du mal à admettre qu'elle ne savait pas tout et quand on lui faisait des reproches, elle le prenait mal".

Maryline Planche a-t-elle pu recevoir Sophie Masala chez elle, comme le prétend l'accusée ? "Cest totalement surréaliste, inimaginable, qu'elle la reçoive chez elle". 

La cour lui fait évoquer deux détails d'importance : Maryline Planche avait perdu ses clés et le lui avait dit.
Pour lui, la victime n'aurait jamais emporté de dossiers professionnels chez elle car c'était inutile et interdit. En revanche, avant de partir en congé maladie pour son opération, elle avait rangé tous ses dossiers et avait constaté la disparition de plusieurs d'entre eux. Matthieu B. l'avait aidé à les retrouver, tard dans la soirée. En vain.

Des détails qui ont toute leur importance puisque Sophie Masala affirme que Maryline Planche lui avait confié un jeu de clés. Et qu'elle détenait des dossiers chez elle, ce que Sophie Masala lui reprochait. 

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