Procès de la “démembreuse” de Toulouse : celui qui a vu la victime vivante la dernière fois

© Luc Perillat/Drawmyevents
© Luc Perillat/Drawmyevents

Hormis Sophie Masala, l'auteure des coups mortels infligés à Maryline Planche en mai 2016 à Toulouse, la dernière personne à l'avoir vue vivante est un de ses voisins de palier. Il a témoigné mercredi 23 octobre 2019, troisième jour du procès dit de la "démembreuse" de Toulouse.

Par Marie Martin

Il ne connaissait pas bien Maryline Planche, Julien M. Il vivait sur le même palier qu'elle, résidence Windsor dans le quartier Saint-Georges de Toulouse, à trois numéros d'appartement. Quelques salutations échangées dans l'escalier, une banale conversation sur un problème d'odeur, mais pas plus.

Pourtant, si Julien M. est appelé à la barre, ce mercredi 23 octobre 2019, troisième jour du procès de Sophie Masala, jugée pour le meurtre de sa collègue Maryline Planche, c'est bien parce qu'il est la dernière personne à l'avoir vue vivante. A l'exception bien sûr de la meurtrière.

Ce 12 mai 2016, il revient de Blagnac où il travaille comme ingénieur chez Airbus pour récupérer des papiers dans son appartement. Il est en train d'introduire la clé dans la porte de son appartement quand il entend un appel au secours. Dans le couloir, assez sombre, il aperçoit sa voisine Maryline Planche sortir de son appartement en chaussettes, uniquement vêtue d'un tee-shirt et d'une culotte. Il est interloqué. Maryline est en train de se diriger vers l'ascenseur quand elle est rattrapée par les cheveux par une femme d'une cinquantaine d'années. 

Julien M. s'avance vers les deux femmes. Et demande : "Qu'est-ce qu'il se passe ?". La femme, qu'il décrit sèche, vêtue de vêtements sombres, "sereine, calme et froide", lui répond sèchement : "Elle fait une crise de nerfs, je suis de la famille, elle est dérangée."

Les deux femmes rentrent dans l'appartement, Maryline Planche semble hébétée mais plus calme. Julien M., lui, entre dans son appartement, prend les papiers qu'il est venu chercher et mange sur le pouce. Mais la scène à laquelle il vient d'assister le laisse mal à l'aise. Quelques minutes plus tard, alors qu'il s'apprête à partir et à rejoindre son lieu de travail, il passe devant l'appartement de Maryline Planche, plaque une oreille sur sa porte. Pas un son. Il quitte les lieux. 

Les jours qui suivent, il est mal à l'aise et s'épanche auprès de quelques proches. Puis, quand il rentre après quelques jours passés à Paris, il se souvient d'une odeur désagréable dans le couloir.

Quelques jours plus tard, ce sont les enquêteurs de police qui frappent à sa porte. L'audition de Julien M. sera capitale dans l'avancée de l'enquête...
 

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