Procès de la “démembreuse” de Toulouse : l'heure de la médecine légale

Après les aveux de l'accusée, les enquêteurs retrouvent la tête de la victime, enterrée dans un jardinet jouxtant l'appartement de Sophie Masala. / © MaxPPP
Après les aveux de l'accusée, les enquêteurs retrouvent la tête de la victime, enterrée dans un jardinet jouxtant l'appartement de Sophie Masala. / © MaxPPP

Mercredi 23 octobre 2019, troisième jour du procès de Sophie Masala, poursuivie pour avoir tué et démembré sa collègue de travail Maryline Planche à Toulouse en 2016, la médecine légale a parlé.

Par Marie Martin

Bien que l'accusée, Sophie Masala, ait reconnu l'ensemble des faits qui lui sont reprochés, la cour d'assises de la Haute-Garonne tente tout au long de ces jours d'audience de comprendre tous les éléments de l'affaire afin d'en lever les ambiguïtés. Et le rapport du médecin légiste vient apporter des éléments importants.

De nombreuses blessures post-mortem

Pourtant, la tâche du médecin légiste a été compliquée par les circonstances. Tuée le 12 mai 2019 à son domicile, Maryline Planche reste cinq jours dans son appartement avant que Sophie Masala ne revienne. Celle-ci tente d'abord de faire croire à un suicide. Elle entaille les deux poignets de Maryline Planche. Des blessures post-mortem relevées par l'expertise.

Puis Sophie Masala se ravise et décide de découper le corps de sa victime, à l'aide d'une scie et d'un couteau à céramique. Elle jette ensuite les membres en différents endroits, au bord du canal du Midi. A l'exception de la tête, qu'elle enterre dans un parterre près de son appartement.

Ces conditions dégradent considérablement les membres, en état avancé de putréfaction. Malgré cela, l'autopsie révèle trois lésions traumatiques cranio-faciales qui ont pu causer la mort de Maryline Planche. Les coups ont été assénés à l'aide d'un objet contondant, et avec une certaine force. Ce qui correspond aux déclarations de Sophie Masala qui affirme avoir porté les coups (deux ou trois, dit-elle) avec une bouteille de vin.

Impossibilité de "dater" la mort

Maryline Planche est-elle morte sur le coup ? Impossible de le dire, assure le médecin légiste, pour les raisons évoquées plus tôt. Mais la présence d'une lésion sur la face externe d'un bras permet d'émettre l'hypothèse qu'elle a peut-être mis plusieurs heures à mourir.

Aucune trace de lutte : Maryline Planche ne s'est pas débattue face à son agresseur. A une exception près, le président de la cour d'assises de la Haute-Garonne n'a pas posé de questions à ce stade à Sophie Masala. La parole lui sera donnée mercredi après-midi. Et toutes les parties attendent ce moment pour lever les doutes qui subsistent.

 

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