Procès de la “démembreuse” de Toulouse : pourquoi Sophie Masala a-t-elle mutilé le corps de sa victime ?

Sophie Masala. / © Luc Perillat/Drawmyevents
Sophie Masala. / © Luc Perillat/Drawmyevents

Jeudi 24 octobre 2019, 4ème jour du procès aux assises de Sophie Masala, dite la "démembreuse du Canal" à Toulouse, la cour a justement évoqué cette question de l'atteinte à l'intégrité du cadavre de Maryline Planche. Avec retenue.

Par Marie Martin

Elle dit volontiers "On" au lieu de "Je", Sophie Masala, quand il s'agit de parler de ses gestes les plus insoutenables. Et quand la cour d'assises de la Haute-Garonne, par laquelle elle est jugée depuis lundi 21 octobre 2019, l'interroge sur le démembrement du corps de sa victime Maryline Planche, cinq jours après le décès de cette dernière, elle use inconsciemment de cette inversion.

Le président de la cour lui demande son état d'esprit après la mort de Maryline Planche : "Qu'est-ce que vous imaginiez pour la suite ?" "On n'imagine rien", réplique-t-elle, "Je suis vide".

Et les faits sont là, pendant cinq jours, Sophie Masala est à Montpellier auprès de sa famille, elle n'a pas de plan arrêté. Mais quand elle rentre à Toulouse, le 17 mai 2016, elle comprend qu'elle ne va pas pouvoir "évacuer" le corps de Maryline seule. Selon elle, elle s'est dit : "Si je ne peux pas la faire sortir entièrement, je vais devoir le faire morceau par morceau". L'idée lui en serait venue en parcourant les rayons d'un grand magasin. Elle y achète une scie à métaux et un couteau à céramique. 

Le président de la cour d'assises veut comprendre: "Comment on en arrive à penser ne serait-ce qu'on peut le faire ?". "Je n'avais pas encore imaginé au moment de l'achat des outils.", dit-elle.

Sophie Masala explique être retourné chez Maryline Planche, lui avoir parlé de "choses gentilles et d'autres pas gentilles" parce qu'elle refuse de la croire morte. Elle fait glisser le corps de sa victime dans le salon, recouvre le corps de linges et fait "ce que je voulais faire".

Elle a donc auparavant fait l'acquisition d'une scie à métaux et d'un couteau à céramique. Mais est incapable de dire combien de temps le démembrement a duré. La famille de Maryline Planche a les yeux rivés sur elles, sidérée. 

"Ma description s'arrêtera là"

Pourquoi a-t-elle dispersé les morceaux du corps de Maryline Planche en divers endroits du canal du Midi ? Elle ne sait plus. Elle a marché. Longtemps. Les sacs et la valise surtout étaient lourds. "Je voulais les garder. Je pensais les récupérer".
Pourquoi, alors, demande le président de la cour d'assises, avoir gardé la tête ? Sophie Masala en effet a enterré la tête de Maryline Plance dans une plate-bande jouxtant son appartement toulousain. "C'était pour l'avoir à côté de moi. Je ne pouvais pas la laisser. Il fallait qu'elle soit à côté de moi"

Le président de la cour d'assises lui rappelle que lors d'une de ses auditions auprès des enquêteurs, elle a dit : "Je ne pense pas que la démembrer était une vengeance mais ma vie partait en morceaux, alors je lui ai rendu la pareille".

Maître Georges Catala, lui, veut savoir si elle a laissé sa victime agoniser pendant 4 à 6 heures, comme le rapport du médecin légiste le laisse à penser comme une possibilité. Sophie Masala est sûre : Maryline était morte quand elle l'a quittée la première fois, ce 12 mai 2016...





 

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