Procès de la “démembreuse” de Toulouse : la réclusion criminelle à perpétuité requise contre Sophie Masala

© Luc Perillat/Drawmyevents
© Luc Perillat/Drawmyevents

Dans le cadre du procès aux assises de Sophie Masala, poursuivie pour le meurtre de sa collègue Maryline Planche en 2016 à Toulouse, l'avocat général a requis la réclusion criminelle à perpétuité à l'encontre de l'accusée, vendredi 25 octobre 2019.

Par Marie Martin

La perpétuité : c'est la peine requise par l'avocat général à l'encontre de Sophie Masala, jugée pour avoir tué et démembré sa collègue de travail Maryline Planche, en mai 2016 à Toulouse. Assortie d'une obligation de suivi socio-psychologique.

Sophie Masala est poursuivie pour meurtre et modification de la scène de crime. Une circonstance aggravante pourrait être retenue : l'état de faiblesse de la victime. Maryline Planche en effet souffrait d'un double handicap : auditif et visuel. Elle ne voyait quasiment plus d'un oeil et venait d'être opérée de l'autre, au moment des faits.

Sur fond de rivalité professionnelle, de jalousie voire d'obsession, Sophie Masala a, le 12 mai 2016, tué Maryline Planche en lui assénant plusieurs coups violents à l'aide d'une bouteille de vin. Elle a ensuite fait croire que la victime était toujours vivante, en lui dérobant son portable et en envoyant plusieurs SMS en son nom à sa famille, son collègue et ami. Ainsi qu'à elle-même. Sophie Masala a en outre "monté" tout un scénario selon lequel Maryline Planche était éprise d'elle et lui aurait fait des avances. Elle a également fait croire que la victime pouvait se reprocher des fautes professionnelles et qu'elle, Sophie Masala, allait la dénoncer, d'où l'origine de la dispute qui a tourné au drame.

Difficile de démêler le vrai du faux dans toutes les déclarations changeantes de Sophie Masala durant toute l'instruction mais également pendant ce procès devant la cour d'assises de la Haute-Garonne où elle a menti sur le déroulement des faits, évoquant la légitime défense, avant de se rétracter quelques heures plus tard.

L'avocat général David Sénat, durant deux heures, a pointé tous les errements de l'accusée.  Et notamment ses mensonges. "Je n'ai pas apprécié cette tentative de salir un peu plus la victime", a-t-il déclaré. Et de décrire une femme, Sophie Masala, comme "envieuse, harceleuse, incompétente et concupiscente". 

Il a aussi longuement évoqué la victime, Maryline Planche. "On n'a rien épargné à cette pauvre femme". Rappelant qu'elle était handicapée, donc vulnnérable. Circonstance aggravante pour sa meurtrière.

Pour David Sénat, si la préméditation n'a pas été retenue, "ce meurtre a été largement anticipé, préparé. Elle a créé toutes les conditions de son crime. Rapidement après son arrivée à l'Agefiph (l'association pour l'insertion des personnnes handicapées dans laquelle les deux femmes travaillaient), elle crée les conditions d'un conflit en entrant en voie de dénigrement". 

"Il y a ici tous les ressorts du totalitarisme : surveillance, espionnage, fabrication de preuves", a poursuivi l'avocat général. David Sénat évoque une mort cruelle, sadique, violente. "Ce n'est pas un assassinat mais on n'en est pas loin". 
Un meurtre de sang-froid, en tout cas, pour lui. Et de conclure :
Il faut une peine d'une extrême sévérité

Car pour l'avocat général, il s'agit de "prévenir un risque et une dangerosité sociale. Madame Masala est dans la transgression permanente, elle n'a aucune limite. Les faits nous obligent à être prudents". 

Sur le même sujet

Les + Lus