Le procès de la “démembreuse” de Toulouse s'ouvre lundi

 Le 26 mai 2016, les policiers du SRPJ enquêtent sur les lieux où un tronc humain dans une valise a été découvert dans le canal du Midi. / © Thierry Bordas/MaxPPP
Le 26 mai 2016, les policiers du SRPJ enquêtent sur les lieux où un tronc humain dans une valise a été découvert dans le canal du Midi. / © Thierry Bordas/MaxPPP

Le procès de Sophie Masala, résidant à Montpellier, poursuivie pour avoir tué et démembré sa collègue de travail, Maryline Planche, le 12 mai 2016, à Toulouse, s'ouvre lundi 21 octobre 2019 devant la cour d'assises de Haute-Garonne.

Par Marie Martin

"C'est l'affaire la plus horrible que j'ai vue dans ma carrière"...
Par ces quelques mots, maître Georges Catala résume la mort de Maryline Planche, survenue le 12 mai 2016, à Toulouse. 

Les premiers éléments de ce dossier remontent en fait aux 24, 25 et 26 mai 2016. Des morceaux du corps d'une femme sont retrouvés, dans des sacs plastiques, dans le Canal du Midi, à Toulouse. Le 26 mai, les enquêteurs mettent la main sur une valise dissimulée au bord du canal. Elle renferme le tronc de la victime.


La victime, Maryline Planche

Très vite, les policiers identifient la victime. Il s'agit d'une Toulousaine, Maryline Planche, âgée de 52 ans. Cette femme qui travaille au sein de l'association Agefiph (insertion des handicapés) n'a pas donné signe de vie depuis plusieurs jours. Sa famille a alerté la police. Laquelle ne tarde pas à faire le lien entre la disparue et le corps mutilé retrouvé dans le canal.
 


A l'origine, un "différend" professionnel

Tout aussi rapidement, l'enquête s'oriente vers une collègue de travail de Maryline Planche. Sophie Masala, 54 ans, a été mutée quelques mois plus tôt de Montpellier à Toulouse pour travailler à l'Agefiph. Elle est en conflit ouvert avec la victime.

Le soir du 12 mai 2016, Sophie Masala se rend au domicile de Maryline Planche, pour semble-t-il avoir avec elle une explication. On apprendra par la suite qu'elle était soupçonnée d'avoir détourné des tickets-restaurants. Maryline Planche le savait-elle ? Y a-t-il eu menace de dénonciation ?

Toujours est-il qu'une dispute éclate. Sophie Masala frappe violemment sa collègue avec une bouteille de vin.


Une tentative de dissimuler les faits

Que s'est-il alors passé dans la tête de Sophie Masala ? Elle rentre à Montpellier et laisse plusieurs jours durant le corps de Maryline Planche dans l'appartement de cette dernière, rue Fonvielle, dans le quartier Saint-Georges, à Toulouse. 

Quand elle revient à Toulouse, elle tente de maquiller le meurtre en suicide mais devant l'impossibilité, elle fait l'acquisition d'une scie à métaux et d'un couteau à céramique. Et commence sa macabre besogne.

La Montpelliéraine disperse ensuite les différentes parties du corps de Maryline Planche, en plusieurs points du canal. Et conserve la tête de sa victime, qu'elle enterre dans le jardinet jouxtant son appartement, rue d'Assalit, quartier Guilheméry, à Toulouse.


"Un mobile difficile à déterminer"

Interpellée par les enquêteurs, Sophie Masala va avancer plusieurs explications à son geste fou. Elle ne parle pas de jalousie, mais évoque un sms sexuellement équivoque qu'elle aurait reçu de sa collègue.
 

Le mobile est difficile à déterminer", explique maître Georges Catala, avocat des parties civiles. "Elle aurait développé une sorte de haine vis-à-vis de la victime, qui lui faisait penser à sa mère, laquelle aurait été martyrisante


Pour ces parties civiles, la préméditation ne fait pas de doute, bien que Sophie Masala nie avoir voulu la mort de sa collègue.

L'accusée apportera-t-elle des réponses plus précises sur les circonstances de ce meurtre ? Poursuivie pour meurtre, modification d'une scène de crime et atteinte à l'intégrité d'un cadavre, Sophie Masala comparaîtra du lundi 21 au vendredi 26 octobre 2019, devant la cour d'assises de Haute-Garonne. Elle est défendue par maître Pierre Dunac. Tandis que les parties civiles, la famille de Maryline Planche, sera représentée par maître Georges Catala et maître Laurent Boguet. 

Sophie Masala encourt une peine de trente ans de réclusion.
 

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