Catalogne : 9 indépendantistes condamnés à des peines de 9 à 13 ans de prison

L’ancien vice-président catalan Oriol Junqueras est maintenu en détention par Madrid - 2017. / © AFP / GABRIEL BOUYS
L’ancien vice-président catalan Oriol Junqueras est maintenu en détention par Madrid - 2017. / © AFP / GABRIEL BOUYS

La Cour suprême espagnole a condamné, ce lundi, neuf des douze catalans jugés pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017 à des peines allant de 9 à 13 ans de prison, pour sédition et détournement de fonds publics. Ils sont aussi inéligibles durant leur captivité.

Par Fabrice Dubault


Les peines sont lourdes pour 9 des 12 indépendantistes catalans jugés par Madrid. Ils écopent de prison ferme. Entre 9 et 13 ans.

Ces peines sont toutefois nettement inférieures à celles réclamées par le parquet de Madrid qui avait requis jusqu'à 25 ans de prison dans le cas de l'ancien vice-président régional Oriol Junqueras.

Trois autres inculpés ont été condamnés à des amendes.
 

Nous reviendrons encore plus forts", promet le principal indépendantiste condamné.

 


13 ans de prison pour l'ex-numéro 2


Dirigeant du parti Gauche républicaine de Catalogne (ERC), l'ancien vice-président du gouvernement régional, Oriol Junqueras, 50 ans, est condamné à 13 ans de prison et d'inéligibilité, pour "sédition (et) détournement de fonds publics".
Le parquet avait requis 25 ans de prison pour rébellion et détournement de fonds; les avocats chargés de représenter l'Etat 12 ans de prison pour sédition et détournement de fonds.

Ministre régional de l'Economie, Oriol Junqueras avait notamment été chargé par le président catalan Carles Puigdemont de préparer le référendum interdit du 1er octobre 2017.
 

5 autres ex-ministres condamnés à plus de 10 ans de prison

Trois anciens ministres régionaux, Jordi Turull, 53 ans, Raül Romeva, 48 ans, Dolors Bassa, 60 ans, sont condamnés à 12 ans de prison et d'inéligibilité pour sédition et détournement de fonds publics. 
Deux autres ministres, Josep Rull, 51 ans, Joaquim Forn, 55 ans, sont condamnés à 10 ans et demi de prison et d'inéligibilité pour sédition. 
Le parquet réclamait 16 ans de prison, les avocats de l'Etat 11,5.
 

11,5 ans de prison pour l'ex-présidente du parlement


La Cour a infligé 11 ans et six mois d'emprisonnement et d'inéligibilité à Carme Forcadell, 64 ans, pour "sédition". 
Le parquet réclamait 17 ans, les avocats de l'Etat 10.
Comme présidente du parlement régional, elle avait ignoré les avertissements de la justice pour faire voter les lois qui préparaient le référendum interdit et la sécession.
 

9 ans de prison pour deux dirigeants d'associations


Les dirigeants des deux associations indépendantistes ayant organisé des manifestations massives sont condamnés pour "sédition" à neuf ans de prison et d'inéligibilité: le président au moment des faits de l'Assemblée nationale catalane (ANC), Jordi Sanchez, 55 ans, et le président d'Omnium Cultural, Jordi Cuixart, 44 ans.
Le parquet réclamait 17 ans, les avocats de l'Etat huit.

"Les deux Jordi" avaient été placés en détention provisoire dès le 16 octobre 2017 pour avoir appelé à une manifestation devant un bâtiment public perquisitionné, d'où des policiers n'avaient pu sortir.
 

Amende pour 3 ex-ministres


3 autres ministres, les seuls qui étaient en liberté conditionnelle, sont condamnés pour "désobéissance" à une amende de 60.000 euros et 20 mois d'inéligibilité.


Carles Puigdemont dénonce une "aberration"


L'ex-président catalan Carles Puigdemont a dénoncé lundi une "aberration" après la condamnation des indépendantistes catalans, estimant qu'il était "temps de réagir".
 

100 ans de prison en tout. Une aberration. Maintenant plus que jamais, à vos côtés et à ceux de vos familles. Il est temps de réagir comme jamais auparavant. Pour l'avenir de nos fils et de nos filles. Pour la démocratie. Pour l'Europe. Pour la Catalogne", a écrit sur Twitter l'indépendantiste, qui vit en Belgique après la tentative ratée de sécession en 2017.

 
 

Des actions non-violentes sont déjà envisagées


"Je pense que la contestation populaire sera importante du côté indépendantiste mais aussi du côté de la gauche catalane qui aujourd'hui voterait contre l'indépendance" explique un journaliste de le Punt Avui à Gérone.
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus