Catalogne : Carme Forcadell qui présidait le parlement catalan renonce à briguer le poste de nouveau

La présidente du Parlement catalan Carme Forcadell - 2017. / © AFP
La présidente du Parlement catalan Carme Forcadell - 2017. / © AFP

La présidente du parlement catalan, l'indépendandiste Carme Forcadell, a annoncé jeudi qu'elle ne briguerait pas ce poste à nouveau, en raison des poursuites judiciaires la visant pour son implication dans le processus de sécession.

Par FD avec afp

Qui à la présidence du parlement catalan ? Défections en série...


"Je vous annonce que je ne serai pas candidate pour redevenir présidente de cette chambre", a dit à la presse Carme Forcadell, trois semaines après les élections qui ont redonné une majorité en sièges aux partis indépendantistes en Catalogne.


"Je crois que ce nouveau moment politique requiert une nouvelle figure épargnée par les procédures judiciaires", a ajouté l'ancienne professeure de langue et de littérature catalanes, qui s'était fait connaître comme présidente (2012-2015) de l'influente association indépendantiste ANC, à la tête de manifestations monstres en Catalogne.

Après la proclamation de la "République catalane" par 70 députés sur 135 le 27 octobre à Barcelone, restée sans effets, le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy avait aussitôt placé la région sous tutelle, destitué le gouvernement régional et dissous le parlement dominé par les indépendantistes.

Carme Forcadell, mise en examen pour "rébellion" et "sédition", avait passé une nuit en détention provisoire le 9 novembre.

Le recours Puigdemont ? Mais à distance...


Ce renoncement de Carme Forcadell, qui restera députée régionale, intervient deux jours après qu'un des principaux candidats à sa succession, l'ex-responsable régional de la Justice Carles Mundo, a annoncé qu'il abandonnait la politique. Comme tout le gouvernement de Carles Puigdemont, il est lui aussi poursuivi pour "rébellion" et "sédition".

Depuis octobre 2016, Carme Forcadell avait aussi fait l'objet d'une enquête pour "désobéissance", la Cour constitutionnelle ayant exigé qu'elle ne permette pas la présentation des lois liés au processus de sécession devant le parlement catalan dominé par les indépendantistes.

"Nous nous sommes limités à garantir une chose très simple: qu'au parlement on puisse parler de tout", a affirmé Carme Forcadell, qui avait été accusée d'avoir bafoué les droits de l'opposition pour faciliter l'adoption en urgence et à la hussarde de lois indépendantistes.

La formation du nouveau parlement et du nouveau gouvernement en Catalogne s'annonce épineuse. Les indépendantistes veulent de nouveau investir le président Carles Puigdemont, installé en Belgique depuis sa destitution par Madrid.
Ils voudraient rendre possible son investiture à distance, par vidéoconférence ou en se faisant représenter par un mandataire, afin d'éviter son arrestation dès qu'il aura remis un pied en Espagne, ce que l'opposition dénonce comme illégal.

Madrid contestera une investiture à distance de Puigdemont


Le gouvernement espagnol saisira la Cour constitutionnelle si l'ex-président indépendantiste de la Catalogne Carles Puigdemont, exilé en Belgique et risquant d'être arrêté s'il retourne en Espagne, tente d'être réinvesti à distance.

Les deux principales forces indépendantistes, Ensemble pour la Catalogne (JxCat) formée par M. Puigdemont, et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), sont convenues mercredi de tenter de le faire réélire à la tête du gouvernement catalan par le nouveau parlement issu des élections régionales du 21 décembre.
Mais il ne savent pas comment s'y prendre, puisque Carles Puigdemont est poursuivi pour rébellion et sédition par la justice espagnole et pourrait être arrêté à son retour en Espagne.

La possibilité d'une investiture par vidéoconférence, ou en faisant lire son discours de candidature par un suppléant, avancée par JxCat, est contestée par de nombreux juristes et par les partis anti-indépendantistes.
Si M. Puigdemont choisissait l'une de ces deux options, le gouvernement central dirigé par Mariano Rajoy saisirait la Cour constitutionnelle, comme il l'avait fait après la convocation par le parlement catalan d'un référendum d'autodétermination interdit.

Le Parti socialiste catalan, opposé aux séparatistes, a demandé aux experts juridiques du parlement régional de se prononcer dans un rapport.
Selon le journal catalan La Vanguardia, "l'unanimité est totale" parmi les juristes du parlement régional pour "soutenir que l'investiture du président de la Generalitat (exécutif catalan) doit être présentielle".

"Une investiture à distance me semble impossible", a déclaré à l'AFP le professeur catalan de droit constitutionnel Xavier Arbos.


Le règlement du parlement catalan prévoit que chaque candidat doit "présenter en séance plénière son programme de gouvernement", mais ne précise pas si la présence physique est obligatoire.

"Le règlement du Parlement de Catalogne établit une norme générale qui est la présence des députés. (...) S'il y a obligation d'assister (à la séance) pour tous les députés, le candidat à la présidence de la Generalitat (exécutif catalan) doit être député et doit être présent", poursuit Xavier Arbos.

"Nous n'allons pas permettre que le règlement du Parlement soit piétiné pour une investiture par Skype d'un fugitif", a déclaré Albert Rivera, président de Ciudadanos, première force d'opposition aux indépendantistes, promettant aussi de saisir la Cour constitutionnelle.

Le parlement régional doit tenir sa séance inaugurale le 17 janvier et le premier débat d'investiture devra avoir lieu le 31 au plus tard.

Sur le même sujet

Montpellier : rassemblement pour le climat sur l'esplanade de l'Europe

Les + Lus