Collioure : les vignobles escarpés sont labourés à cheval, comme au siècle dernier

Dans les Pyrénées-Orientales, le terroir des AOC Collioure et Banyuls est connu pour ses vignobles en terrasses. Un relief escarpé difficile à travailler avec des machines. Mais tout-à-fait adapté au passage d'un cheval. 
 
Julien Rollan, laboureur à cheval à Paulilles dans les Pyrénées-Orientales, sur le terroir escarpé des vins de Banyuls et Collioure - novembre 2019
Julien Rollan, laboureur à cheval à Paulilles dans les Pyrénées-Orientales, sur le terroir escarpé des vins de Banyuls et Collioure - novembre 2019 © L.L. Galy / FTV
Quand il ne donne pas des cours d'équitation dans son centre de Banyuls-sur-Mer, Julien Rollan laboure les vignobles escarpés de la Côte Vermeille.

Depuis 8 ans, il fait équipe avec Bulle, belle jument comtoise, à la demande des vignerons.

Au programme du lundi 25 novembre, 7 hectares de syrah, grenache et vermentino.

"Il faut faire attention au cep", explique Julien Rollan, "parce que si on le casse, le vigneron va devoir l'arracher et en remettre un autre. Et il faudra 3 ans de culture avant qu'il ne redonne du raisin".

Rang après rang, il faut aérer la terre sans la tasser. Un travail physique.
 
Propriétaire d'un centre équestre et passionné de chevaux, Julien s'est formé pendant deux ans pour retrouver les gestes d'antan.

Des gestes peu pratiqués depuis que la mécanisation a fait son entrée dans le travail de la terre.
Mais les vignobles escarpés de la Côte Vermeille se prêtent mal aux chenillards et autres motoculteurs.

Je me suis lancé dans cette activité pour redonner vie aux labours que l'on faisait auparavant sur la Côte Vermeille. L'avantage, c'est qu'il n'y a que le cheval qui peut venir sur ces terroirs. On ne peut pas mécaniser parce que les vignes sont en dénivelé et on risque de se retourner.

Jean-François Deu, vigneron à Banyuls-sur-Mer, fait appel aux services de Julien (et Bulle) pour la troisième année consécutive.

Son domaine est en bio, le désherbant lui est donc interdit.

"Soit on arrache l'herbe à la main", explique Jean-François Deu, en joignant le geste à la parole, "soit on laboure et ça va un peu plus vite

Pour labourer avec un mulet ou un cheval, il faut 2 à 3 fois plus de temps qu'avec un tracteur. Le coût est nettement plus important, jusqu'à trois fois plus cher.

Sans doute le prix à payer pour que perdure ce paysage de vignoble aux terrasses centenaires. Un terroir d'exception.
 

 
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