Effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn : les gendarmes catalans de la brigade nautique participent à l'enquête

Les spécialistes de la brigade nautique de Saint-Cyprien (Pyrénées-orientales) ont participé au dispositif de recherches et de constatations subaquatiques, mettant leur expertise au service des enquêteurs. / © Christine Ravier
Les spécialistes de la brigade nautique de Saint-Cyprien (Pyrénées-orientales) ont participé au dispositif de recherches et de constatations subaquatiques, mettant leur expertise au service des enquêteurs. / © Christine Ravier

Les spécialistes de la brigade nautique de Saint-Cyprien dans les Pyrénées-Orientales ont participé au dispositif de recherches et de constatations subaquatiques, suite à l'effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn. Coup de projecteur sur les missions de ces gendarmes.

Par Olivier Le Creurer

A Mirepoix-sur-Tarn, ils ont été appelés pour retrouver le corps du chauffeur du camion et réaliser toutes les constatations dans l'eau. Nous n'en saurons pas plus : secret de l'instruction.

Ils existent deux unités nautiques de la gendarmerie en Occitanie : à Marseillan (Hérault) et Saint-Cyprien (Pyrénées-orientales). Les militaires (ils sont six par unité) sont des techniciens d'investigation subaquatique. "C'est vrai, le grand public par le biais des medias nous connait par la recherche de personnes disparues dans un lac par exemple. Mais nous sommes formés à la recherche d'ADN, d'empreintes digitales sous l'eau et à tout type de prélèvement ou de prises de vues que nous jugeons utiles ou à la demande du directeur d'enquête," explique Fabien Demaille, commandant la brigade nautique de Saint-Cyprien. 
 

Et l'adjudant chef de raconter une enquête: "Là encore, je ne situerai par le lieu. Nous travaillions sur un braquage qui avait mal tourné après la mort d'une personne. Les braqueurs étaient en fuite. Nous sommes appelés pour des objets flottants sur un lac dans un département vosin de l'affaire. Nos collègues de la brigade territoriale font appel à nous car nous sommes les seuls gendarmes habilités à les récupérer et donc les exploiter.

Nous sommes formés à la recherche d'ADN, d'empreintes digitales sous l'eau et à tout type de prélèvement ou de prises de vues


Après une étude de dérive, nous affinons nos recherches sous un pont, en amont. Nous sommes 14 enquêteurs subaquatiques. A cet endroit, la profondeur va de 2 à 28 mètres. Nous évoluons sans visibilité. Nous avons récupéré trois armes. Et sur une, nous avons trouvé de l'ADN que nous avons prelevé dans l'eau pour éviter de laver les traces." L'ADN a matché et les braqueurs ont été identifiés. "Ce fut vraiment une grosse affaire pour nous," résume Fabien Demaille.

Enquêteur subaquatique : un métier très exigeant


Devenir enquêteur subaquatique est très difficile. Lors de la dernière session pour la zone Occitanie et PACA, trois gendarmes seulement ont obtenu le droit de suivre une formation très exigeante. "Cela commence par six semaines à Toulon pour apprendre les rudiments de la plongée auprès des militaires de la marine, un passage en brigade natutique puis une nouvelle formation à Antibes pour l'aspect plus spécifique d'enquêteur subaquatique."

Parallèlement, les gendarmes des unités nautiques du Grau-du-Roi (Gard) et de Leucate (Aude) évoluent sur le réseau fluvial, les eaux intérieures et les façades maritimes, assurant la surveillance de la navigation et le contrôle des usagers.Mais ce ne sont pas des enquêteurs subaquatiques. 

Les unités nautiques interviennent également dans les secours aux personnes sinistrées à l'occasion de catastrophes naturelles (crues, inondations, rupture de retenue d'eau) et d'une manière générale, toute intervention pour laquelle l'action des plongeurs de la gendarmerie peut s'avérer déterminante pour assurer la sûreté ou la protection d'un site, la sécurité des personnes ou des biens.
 

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