La Catalogne en “situation d'urgence financière” selon son président

Artur Mas - Président de la Generalitat de Catalogne - janvier 2013. / © AFP PHOTO/ LLUIS GENE
Artur Mas - Président de la Generalitat de Catalogne - janvier 2013. / © AFP PHOTO/ LLUIS GENE

Le président de la Catalogne, Artur Mas, a affirmé mercredi que l'économie de cette grande région du nord-est de l'Espagne, en pleine poussée indépendantiste, était dans une "situation d'urgence" financière qui menace son autonomie.

Par Fabrice Dubault


"Les finances publiques de Catalogne sont dans une situation d'urgence et le gouvernement est en situation de survie", a affirmé le chef des nationalistes de la coalition CIU, majoritaires au Parlement catalan, appelant à une révision de la répartition des déficits publics.
"Nous menons une offensive pour répartir les déficits publics de manière plus juste, plus loyale et plus correcte, ce qui est pour l'heure la meilleure manière d'améliorer les finances catalanes", a affirmé Artur Mas, en conflit avec Madrid depuis que le gouvernement a rejeté son pacte fiscal visant à modifier la répartition des recettes des impôts.

La Catalogne, riche région du nord-est du pays, mais devancée depuis 2009 par celle de Madrid, réclame une autonomie budgétaire accrue et a prévu d'organiser avant la fin 2014 un référendum sur son avenir.
Artur Mas a reconnu la semaine dernière avoir eu un entretien jusque là resté secret avec le chef du gouvernement Mariano Rajoy, afin de tenter de trouver un terrain d'entente.
"Notre objectif n'a pas changé. C'est le même. Nous pensons que la consultation doit avoir lieu pour des raisons démocratiques", a-t-il insisté, reconnaissant avoir évoqué le sujet avec Mariano Rajoy mais sans être parvenu à "aucun type d'accord".

Autrefois moteur économique du pays, la Catalogne, qui croule aujourd'hui sous une dette colossale, a dû demander 9,073 milliards d'euros au Fonds d'aide aux régions espagnoles fin janvier. Elle a accusé un déficit de 2,3% du PIB en 2012, bien au-dessus de l'objectif de 1,5% fixé par Madrid, mais inférieur à celui de 2011 (3,99%).
"En 2012, l'administration centrale a participé pour 18% à l'effort budgétaire alors qu'elle représente 53% des dépenses publiques. Les régions ont participé pour 71% de l'effort alors qu'elles représentent 33% des dépenses. Si nous appliquions les efforts en fonction des dépenses, nous ne souffririons pas tant", a assuré le chef nationaliste catalan.

Le gouvernement catalan demande donc d'assouplir l'objectif de déficit pour les régions de 0,7% à 1,5% de leur PIB en 2013, si Bruxelles accorde à l'Espagne un déficit de 6% comme l'espère Madrid, contre 4,5% initialement prévu.

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