Honneurs militaires à Perpignan pour André Salvat, Compagnon de la Libération

Aujourd'hui, il "serait qualifié de héros". Les honneurs militaires ont été rendus mardi à Perpignan à André Salvat, Compagnon de Libération, le dernier à quitter le champ de bataille de Bir Hakeim. Il est décédé jeudi dernier à l'âge de 96 ans.

Perpignan - honneurs militaires à André Salvat, Compagnon de la Libération - 14 février 2017.
Perpignan - honneurs militaires à André Salvat, Compagnon de la Libération - 14 février 2017. © F3 LR
"Son parcours suscite notre admiration et notre respect. Aujourd'hui André Salvat serait qualifié de héros tant il fit preuve de courage et de bravoure", a affirmé Ségolène Neuvile, Secrétaire d'État aux personnes handicapés au nom du gouvernement sur le parvis de la cathédrale Saint-Jean de Perpignan à l'issue de l'office religieux,

Une section du 3e RPIMa de Carcassonne, les clairons de la 11e brigade parachutiste de Toulouse, de nombreux porte-drapeaux étaient présents à cette cérémonie militaire en l'honneur de ce colonel qui est une "référence pour tous les jeunes".

"C'était un homme de conviction dont la jeunesse de l'engagement n'eut d'égal que la persistance du dévouement au service de la nation", a ajouté Mme Neuville.

"Je n'ai rien fait d'autre que mon devoir"

Né à Prades, dans les Pyrénées-Orientales, ce fils de modestes commerçants ne cherchait pas la gloire. "On se battait pour le drapeau, pour l'honneur de la France. Je n'ai rien fait d'autre que mon devoir", assurait-il en 2010 dans un entretien avec la Dépêche du Midi.

Quand je suis parti, ma mère m'a dit : Tu n'es pas bien avec nous ?. J'étais très bien à Prades ! Mais j'avais cela en moi", précisait-il en 2012 au quotidien L'Indépendant.
"Lorsqu'on nous a annoncé l'armistice, en 1940, j'étais au 24e Régiment d'infanterie coloniale, à Tripoli. Et je me suis dit: Un enfant de troupe doit se battre !, avait-il ajouté.

Lui qui n'avait pas entendu parler de l'appel du général de Gaulle s'est alors engagé avec une centaine d'hommes dans la première campagne de Libye, à l'issue de laquelle il sera décoré de la Croix de la Libération.
La bataille de Bir Hakeim a été un vrai calvaire. Salvat et sa section avaient été chargés de tenir l'une des trois entrées de Bir-Hakeim sous les bombardements des troupes germano-italiennes de Rommel.

Dans le désert, les soldats étaient assoiffés. "Tellement qu'à la fin, on buvait l'eau des réservoirs des véhicules ! Toute la brigade est passée par là ! Quand le siège a commencé, les Anglais nous ont dit : +Tenez au moins 4 jours+. On a tenu 10 jours".

Il avait été parmi les derniers à quitter le champ de bataille. Il s'illustrera plus tard à de multiples reprises, notamment à la bataille d'El-Alamein, lors de la campagne d'Italie ou pendant le débarquement en Provence, le 15 août 1944. Compagnon de la Libération, le colonel Salvat était Grand Officier de la Légion d'Honneur et titulaire de la Croix de Guerre 39/45.

Aujourd'hui, ils sont encore treize Compagnons de la Libération en vie.
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