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Perpignan : la lutte des Républicains espagnols s'expose grâce à la valise mexicaine

L'arrivée des exilés espagnols au Barcarès photographiée par Robert Capa en 1939. / © France 3 Pays Catalan
L'arrivée des exilés espagnols au Barcarès photographiée par Robert Capa en 1939. / © France 3 Pays Catalan

 Le centre d'art contemporain Walter-Benjamin de Perpignan expose depuis samedi des photos poignantes de la guerre d'Espagne. Un trésor retrouvé en 2007.Trois photographes de l'époque, Robert Capa, Gerda Taro et David Seymour, y témoignent du combat républicain et de l'exode.

Par Sylvie Bonnet

Visa pour l'image, c'est fini. Mais les photos des 3 reporters, Robert Capa, Gerda Taro et David Seymour qui témoignent, 80 ans plus tard, de la tragédie espagnole, sont furieusement actuelles. Parce que les républicains qu'ils ont photographiés et suivis dans leur lutte  nous parlent d'engagement, de répression, de peur et de courage. Et parce que leurs trois auteurs sont tous morts dans l'exercice de leur métier, sur le front des guerres. Gerda Taro est tombée le 26 juin 1937 lors de la bataille de Brunete en banlieue de Madrid, Robert Capa en 1954 lors de la guerre d'Indochine et David Seymour en 1956 lors de la crise de Suez, C'et donc un véritable prolongement de visa pour l'image que nous propose cette exposition avec ces trois pionniers du photojournalisme.

Au mur du centre d'art contemporain Walter-Benjamin,sont accrochées, jusqu'au 4 janvier prochain, soixante-dix photographies encadrées. S'y ajoutent des planches contacts des pellicules des 3 photographes plus soixante journaux périodiques et quotidiens de l'époque et deux films fournis par le centre international de la photographie de New York . On découvrira également ces fac-similés envoyés aux rédactions comme ce télégramme de l'état-major  annonçant la mort de la photographe et "camarade Gerda Taro". Parallèlement, l'institut Jean-Vigo propose une exposition d'affiches de films (une trentaine) sur la guerre d'Espagne.

Du 20 septembre au 4 janvier 2015 au centre Walter-Benjamin (place du Pont-d'en-Vestit) de Perpignan. Tous les jours sauf le lundi de 10 h 30 à 18 h.




La fameuse valise mexicaine

A sa découverte au Mexique en 2007, cette valise composée en fait de trois petites boîtes, contenait 4 500 négatifs de deux ans de travail photographique au plus près des combattants espagnols. Retrouvée intacte en 2007 chez l'héritière du général Aguilar Gonzalez, ambassadeur mexicain à Vichy en 1941-1942, cette valise contient non seulement les photos de Robert Capa  Mais aussi les photos de David  Seymour et Gerda Taro, deux autres reporters de la guerre d'Espagne.

A leur retour d'Espagne, les deux photographes Robert Capa, juif hongrois et David Seymour, juif polonais,qui ont aussi récupérer les négatifs de Gerda Taro, quittent la France pour rejoindre le Mexique devenu en 1939 une terre d'accueil pour les ennemis du nazisme. Capa laisse les photos dans son atelier parisien à un ami directeur de laboratoire.

Un parcours compliqué

Ce dernier qui fuit également Paris avec l'avancée de l'armée allemande sur Paris donne les négatifs à un Chilien pour que l'ensemble de la valise soit placé en sûreté au consulat du Chili avant qu'elle ne lui soit rendue au Mexique. Pendant quarante ans, le frère de Robert Capa, Cornell , va chercher les photos en en vain. En fait elles ont abouti au Mexique, emportées par un général qui avait été en poste à l'ambassade mexicaine en France pendant la guerre. Remises par l'héritière de ce Général en 2007, elles ont donné lieu à une exposition, présentée en 2010 à New York.

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