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Perpignan : une retraitée placée en garde à vue pour avoir agressé des femmes voilées

Une retraitée de 61 ans a été placée en garde à vue mardi dernier, accusée d'avoir agressé six mères de famille. En cause : leur appartenance religieuse.
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Illustration / © Guillaume Bonnefont / Maxppp
Mardi après-midi, une dame âgée de 61 ans et inconnue des services de police, a été placée en garde à vue au commissariat de Perpignan. Grâce à une enquête et aux indications données par les victimes, la retraitée a été identifiée et localisée à proximité de l’école située dans le quartier St  Gaudérique.

L'histoire commence entre le 21 et le 24 novembre 2017. Six mères de famille se présentent au commissariat de Perpignan pour déposer une plainte à l’encontre d’une personne.

Bousculades, menaces et insultes


Dans leurs récits, elles dénoncent une femme qui ne cesse de les agresser depuis plusieurs mois, notamment lorsqu’elles se rendent à l’école en compagnie de leurs enfants. Ajoutées à cela, des violences, comme des coups de coude ou des bousculades.


Plus inquiétant, les victimes assurent que leur agresseur a tenté de leur foncer dessus avec son véhicule à plusieurs reprises. Le tout sans se soucier de la présence d’enfants aux alentours. Et de se targuer de détenir un couteau dans son sac à main - sans toutefois le montrer -, toujours selon les victimes.

Enfin, elles précisent que tous ces actes étaient systématiquement accompagnés de propos islamophobes. L'agresseur aurait tenu des propos incohérents faisant allusion à leur religion, comparant cette dernière à "du poison" et leur demandant de "rentrer dans leur pays".

Agressées à cause de leur appartenance religieuse


Les victimes en sont certaines : ces agressions sont dues à leur appartenance religieuse, et au fait qu'elles portent le voile.

Ne désirant pas déposer de plainte dans un premier temps, celles-ci, sous les conseils de la Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie, ont finalement décidé de s’unir et de venir dénoncer les faits aux services de police.

Une audience à venir


Entendue mardi dernier, la retraitée a reconnu l’ensemble des faits, hormis celui d’avoir tenté de foncer sur ses victimes.

Au regard de ses déclarations, le parquet demande à ce qu’elle fasse l’objet d’une expertise psychiatrique qui déterminera si elle est responsable ou non de ses actes. Cette expertise permettrait de savoir si l'agresseur est ainsi accessible à une sanction pénale et de la contraidre ou non à une obligation de soins.

À l’issue de sa garde à vue, la mise en cause est convoquée à une date ultérieure devant le Tribunal Correctionnel de Perpignan. Elle comparaîtra pour violences aggravées à raison de l’appartenance à une religion et à proximité d’un établissement scolaire ainsi que pour port d’arme de catégorie D.
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