Pose de filets en mer pour recréer des dunes de sable sous-marines et lutter contre l'érosion des plages

Publié le
Écrit par Fabrice Dubault et Laura-Laure Galy

Une expérimentation a débuté cette semaine au large de Sainte-Marie-la-Mer, à l'est de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales. L'installation en mer de filets pour recréer des dunes sous-marines et atténuer la houle. Une étude similaire est menée à Vias, près d'Agde, dans l'Hérault.

Ce n'est pasu n filet ordinaire que des marins chargent à bord d'un navire, ce jour-là, dans le port de Canet-en-Roussillon. C'est un dispositif expérimental breveté en 2011.

6 tonnes de filets lestées de chaînes qui s'apprêtent à être déployées pour la première fois en mer, entre 250 et 300 mètres du rivage.

Quand le système est posé au fond de l'eau, il attenue légèrement l'énergie de la mer. Puis il se remplit de sable qui se stocke dans les alvéoles. L'accumulation de sable forme une dune sous-marine qui fait disparaitre totalement le filet.

Dominique Michon, inventeur du filet S.Able.

Ce système inédit en Méditerranée va coûter 130.000 euros HT. Plus environ 100.000 euros pour le programme de suivi.

Casser la houle qui attaque les plages

Recréer des dunes sous-marines pour adoucir les courants, casser l'effet de houle et ainsi limiter l'érosion du littoral, tel est le pari de cette expérimentation déployée au large de Sainte-Marie-la-Mer. Car ici, la plage recule et le rechargement en sable coûte 300.000 € chaque année à la commune.

On est sur une zone littorale fortement érodée, par le vent mais surtout par les vagues et les courants marins. Tous les ans, on dépense beaucoup d'argent en rechargement en sable, alors cette expérimentation plus écologique et invisible nous a paru idéale.

Aurélien Querbes, chef du service grands travaux Perpignan Méditerranée Métropole.

Un suivi écologique

200 mètres linéaires de ce filet expérimental ont été installés ce jour-là, puis 150 mètres supplémentaires le seront dans un mois et demi, un peu plus près du rivage, pour faire une seconde barrière naturelle.

Ensuite, un suivi scientifique sera assuré sur 13 mois pour documenter les effets de ces filets.

Il y a en fait 3 suivis. Un suivi vidéo, pour voir l'évolution du trait de côte. Un suivi par capteurs de pression posés en mer pour étudier les effets de houle. Et un suivi de bathymétrie, c'est l'étude des fonds marins pour voir l'impact sur les dépôt de sable et la formation de banc de sable.

Eric Palvadeau, chef de projet littoral - BRGM Occitanie.

Si les résultats sont concluants, ces filets anti-érosion seront étendus à l'ensemble du littoral catalan.