Rivesaltes : le monde viticole dit "Non" à la future prison

Manifestation cet après-midi devant l'hotel de Ville de Rivesaltes pour protester contre la construction d'un centre pénitentiaire au Mas de la Garrigue. Entrepreneurs et viticulteurs craignent des nuisances et un impact négatif sur l'image de marque du muscat.

Une centaine de manifestant du monde viticole s'opposent au projet du futur centre pénitentiaire devant la mairie de Rivesaltes mercrdi 27 janvier 2020 en début d'après-midi
Une centaine de manifestant du monde viticole s'opposent au projet du futur centre pénitentiaire devant la mairie de Rivesaltes mercrdi 27 janvier 2020 en début d'après-midi © Arnaud Richard / FTV

"Non à la prison ici", un leitmotiv scandé par une centaine de manifestants en ce début d'après-midi devant la mairie de Rivesaltes. Certains ont quitté leurs vignes en tracteur, d'autres ont laissé le bureau de leur entreprise. Tous pour protester contre la construction d'un centre pénitentiare dans la zone nord du Mas de la Guarrigue. 
Cet établissement qui pourrait accueillir jusqu'à 500 détenus serait implanté sur 15 Ha en mitoyenneté avec la cave coopérative Arnaud de Villeneuve. Et c'est là que le bât blesse. 

Vingt tracteurs ont renforcé les rangs de la manifestation
Vingt tracteurs ont renforcé les rangs de la manifestation © Arnaud Richard/FTV


"Ce projet est une aberration. Cela créerait de l'insécurité avec tout le passage des familles de détenus. On sait très bien qu'ils essaient toujours d'envoyer des objets à l'intérieur de l'enceinte. Et puis bonjour l'image de marque de nos vins de Rivesaltes. C'est pour ça que nous avons aujourd'hui le soutien de tous les vignerons du Roussillon." lance Brice Cassagnes, le président de la cave Arnaud de Villeneuve.  

Nous avions déjà déménagé du centre de Rivesaltes en 2007 pour être isolés. Et depuis la fusion avec la cave de Salses, nous commercialisons 3 millions de bouteilles par an.  C'est une belle réussite. On ne veut pas la détruire. S'ils veulent construire une prison qu'ils aillent sur le camp militaire plus loin. Les terrains appartiennent déjà à l'État.

Brice Cassagnes, président de la cave Arnaud de Villeneuve

Pas envie de déménager

 

Les chefs d'entreprise voisins de la zone sud du Mas de la Guarrigue eux aussi s'inquiètent de la sécurité. Les 45 salariés de la cave coopérative ne comprennent pas non plus. " Durant les vendanges il y a beaucoup de circulation tout autour de notre site. Beaucoup de tracteurs qui roulent lentement. Cela pourrait provoquer des accidents. " craint Kévin Salies, délégué CGT du Personel de la cave Arnaud de Villeneuve 

Et puis nous créons des nuisances olfactives dans cette période et avec la station d'épuration à proximité... Cela serait très désagréable pour les détenus et le personnel. Nous n'avons pas envie de déménager une fois de plus.

Kévin Salies, délégué CGT du Personnel de la cave Arnaud de Villeneuve

André Bascou, le maire de Rivesaltes, propose une autre alternative
André Bascou, le maire de Rivesaltes, propose une autre alternative © Arnaud Richard / FTV

André Bascou, le maire de Rivesaltes tente de tempérer : "Il est vrai que l'installation de la prison enrichirait la commune et surtout apporterait quelques 300 emplois. Mais je comprends que cette proximité avec la cave est un énorme problème."

Il y a une autre solution. Construire à proximité de la voie ferrée et créer un accés spécifique pour la cave. Ainsi il y aurait presque 500 mètres qui séparent les deux sites. Et après avoir planté  une ceinture boisée autour de la prison et implanter d'autres entreprises, le centre pénitentiaire serait presque invisible"

André Bascou, maire de Rivesaltes

Vignerons et chefs d'entreprises ont déposé aujourd'hui, une pétition de plus de 650 signatures contre le projet du mas de la Garrigue porté par l'agence publique pour l'immobilier de la Justice (APIJ). Ils ont par ailleurs soumis leurs propres propositions auprès de Jean-Pierre Wolff, le garant de la concertation de l'APIJ.
Les contributions citoyennes sont à déposer au service de l'Urbanisme en mairie jusqu'au 5 février.
Le bras de fer ne fait que commencer.

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