Un an après la tempête Gloria : dans les Pyrénées-Orientales, 7000 m2 de déchets refont surface

Dans la vallée du Tech, une ancienne décharge à ciel ouvert a refait surface, à la suite de la tempête Gloria il y a un an. Aujourd’hui, à Ceret (Pyrénées-orientales), les habitants se battent pour assainir leurs paysages. 

A Céret, le cimetière d’ordures est estimé entre 7 000 et 10 000 tonnes.
A Céret, le cimetière d’ordures est estimé entre 7 000 et 10 000 tonnes.

C’est un héritage lourd à porter pour les habitants de Céret. Une douzaine de tonnes de déchets ménagers cachés sous terre par les générations précédentes. “On ramasse les déchets de nos anciens,” déplore Yolane Gaudot. C’est une riveraine, membre de l’association "Bien vivre en Vallespir". “Je pense que les anciens n’avaient pas du tout ce réflexe et tout se faisait naturellement, sans se poser de questions.”

On ramasse les déchets de nos anciens

Yolane Gaudot

Avec d’autres volontaires, ils ont déjà extrait trois tonnes de déchets en tous genres, mais sous leurs pieds, le cimetière d’ordures est estimé entre 7 000 et 10 000 tonnes. “On a sorti des centaines de pneus, et puis à l’occasion on a trouvé des vêtements, tout ce qui faisait la composition d’une décharge il y a une quarantaine d’années.” se lamente Stéphane Pauquet, bénévole lui aussi. 

Un désastre écologique mis à jour par la tempête Gloria

C’est l’hiver dernier qu’a été mis à jour l’ampleur de la catastrophe. La tempête Gloria frappe la région, le Tech est en crue. Le fleuve sort de son lit et emporte tout sur son passage, dévoilant l’ancienne décharge : 800 m2 de déchets ménagers enfouis 50 ans plus tôt. Le plastique se répand alors sur les berges du Tech au grand désarroi du maire de Céret, Michel Coste : “C’était des pratiques courantes dans les années 60-70-80 en France.  On utilisait l’enfouissement pour traiter nos ordures ménagères. On avait des décharges à ciel ouvert en bordure de rivière qui après étaient enfouies, on recouvrait ça de terre.”

Des pratiques courantes dans les années 60-70-80 en France

Michel Coste, maire de Céret

Pour réparer ces erreurs du passé, la commune doit aujourd’hui débourser deux millions d’euros : les ordures sont enfouies jusqu’à 3 mètres sous terre et ont déjà commencé à se décomposer. “La difficulté en fait c’est qu’ils se sont associés à la terre, là on le voit très bien”, explique Julien Baroni, le co-gérant d’un bureau d'étude spécialisé dans les déchets. “Ils ont commencé à se décomposer mais pas complètement et ils sont tout le temps mélangés avec de la terre. Extraire seulement le déchet mélangé avec de la terre va demander des techniques spéciales.”

Des premiers travaux d’urgence ont déjà eu lieu pour contenir les déchets en bordure du Tech. Ils viennent de s’achever, mais il faudra deux années supplémentaires au minimum pour tout déterrer et traiter. En France, les dépôts de déchets ne sont interdits que depuis 1975.

 

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