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Visa pour l'image : les journalistes sont devenus des cibles, dénonce le directeur du festival à Perpignan

Le dernier rapport de Reporters Sans Frontières dénonce des violences accrues envers les journalistes même en Europe; / © Sylvie BONNET F3LR
Le dernier rapport de Reporters Sans Frontières dénonce des violences accrues envers les journalistes même en Europe; / © Sylvie BONNET F3LR

Les journalistes sont devenus une cible et les difficultés des médias pour travailler gagnent les pays occidentaux. C'est le cri d'alarme du directeur de Visa pour l'Image à Perpignan. En ligne de mire de Jean-François Leroy, les hommes politiques confondant information et communication.   

Par Sylvie BONNET d'après l'AFP

Les journalistes, et notamment les photographes, sont devenus une "cible" et les difficultés des médias pour travailler "commencent à s'étendre" aux pays occidentaux, comme en France lors de la crise des "gilets jaunes", dénonce le directeur du festival de photojournalisme Visa pour l'image, lors d'un entretien à Perpignan avec nos confrères de l'AFP.
 

De la guerre du Vietnam aux islamistes

 

Le métier a beaucoup changé. Il y a une dizaine d'années, un photographe qui arrivait sur le terrain était un allié, quelqu'un qui allait pouvoir témoigner d'une situation. Et donc, en principe, ils étaient bien accueillis.


Jean-François Leroy poursuit son analyse : "Pendant la guerre du Vietnam, l'armée américaine réalise que la presse peut être à double tranchant, qu'elle peut monter l'opinion publique contre elle, les Américains se rendent compte que la guerre fait des victimes, des enfants, et pas forcément que des méchants communistes".
"C'est là qu'on commence à devenir méfiant et le phénomène ne fait que s'accentuer. Aujourd'hui le photographe est une cible, les journalistes sont une cible", ajoute le directeur de Visa pour l'image.

"C'est l'Etat islamique qui les décapite, qui les brûle vifs. On les emprisonne". Il y a aussi le Mexique, un des pays les plus dangereux pour la presse.

 

Médias et gilets jaunes



En France, lors de la longue crise des "gilets jaunes", les violences contre les journalistes étaient "des deux côtés, aussi bien de la police que des manifestants". Et "c'est la première fois depuis plusieurs décennies que Reporters sans frontières (RSF) met des points d'alerte sur la France", souligne le responsable du plus grand festival de photojournalisme du monde.
Les reportages sur les gilets jaunes témoignent à Visa pour l'Image 2019 d'une violence qui n'a pas épargné les journalistes. / © Olivier CORET/Le Figaro Magazine
Les reportages sur les gilets jaunes témoignent à Visa pour l'Image 2019 d'une violence qui n'a pas épargné les journalistes. / © Olivier CORET/Le Figaro Magazine

En effet dans son rapport 2019 sur la liberté de la presse dans le monde, RSF relevait que "l'hostilité à l'encontre des journalistes, voire la haine relayée dans nombre de pays par des dirigeants politiques" suscitait "des passages à l'acte plus graves et plus fréquents", pointant notamment une dégradation de la situation aux Etats-Unis et en Europe.
 

Quand les politiques tentent de discréditer la presse


"Il y a une méfiance des politiques qui supportent de moins en moins qu'on couvre la vérité". "Il y a une crise de confiance vis-à-vis des médias. Mais, en plus, quand on a un président d'un grand pays démocratique qui dit que la presse ne cherche plus la vérité, on ne crée pas un climat de confiance très favorable" analyse le directeur de Visa pour l'image.
 

Ne pas confondre communication et information


"De plus en plus, poursuit Jean-françois Leroy, on confond communication et information. Quand Obama a son photographe attitré, quand Sarkozy a sa photographe officielle, quand Macron a sa photographe officielle, je suis scandalisé". 
    

Quand vous avez tous les partis politiques qui fournissent des images et des sons aux journaux télévisés et aux radios, contrôlés et produits par leur propre société de production, je veux qu'on dise "images de communication transmises par le candidat". Mais ça ne se fait pas. 
 

Quid de Visa pour l'image en cas de victoire d'Aliot à Perpignan?


Sur un plan plus local, interrogé sur la candidature de Louis Aliot (RN) aux municipales de Perpignan en mars prochain, ville où l'extrême droite fait traditionnellement des scores élevés, le directeur du festival "souhaite de tout coeur que Louis Aliot ne soit pas élu, évidemment".
 

Mais en cas de victoire, "je pense qu'il ne faut pas démissionner, je ne partirai pas de mon plein gré, je pense qu'il faut lutter de l'intérieur", estime Jean-François Leroy.


Ouvert depuis samedi dernier, le festival Visa pour l'image se poursuit jusqu'au 15 septembre dans la cité catalane, avec 24 expositions et des projections en accès libre.
 

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