A Visa pour l'image 2016, “il y a aussi de la vie” avec l'expo de Niels Ackermann

© Niels Ackermann / Lundi13
© Niels Ackermann / Lundi13

Au couvent des minimes de Perpignan, les photographies de Niels Ackermann offrent une pause optimiste au sein du festival de photojournalisme. Elles dépeignent la vie de ceux qui sont nés après l'explosion de la centrale de Tchernobyl : ils vivent avec légèreté la reconstruction de leur région. 

Par Cathy Dogon

Des sourires s'immiscent sur le coin des lèvres des festivaliers. Après être passés par la communauté LGBT en Afrique de l'Est de Frédéric Noy, l'Afghanistan d'Andrew Quilty ou ceux qui fuient Daesh devant l'appareil de Frédéric Lafargue, les visiteurs arrivent au milieu de photographies teintées d'espoir : celles de Niels Ackermann.

La jeunesse de Tchernobyl y est exposée comme intrépide. Histoires d'amour, soirées entre amis, recherches de travail, moments de doutes... De la vie d'adolescents à la vie d'adultes, ces jeunes pourraient presque paraître "normaux". En fait, ils vivent à deux pas de l'ancienne centrale nucléaire, dans la ville de Slavutych.


Plutôt que de photographier la maladie, la désertification des lieux et la pauvreté, Niels Ackermann a choisi ce pan, un brin plus optimiste. Une exposition en rupture, selon lui, avec les choix habituellement faits au festival de photojournalisme de Perpignan.

► "Je n'aurai jamais pensé recevoir un prix à Perpignan avec ce travail, parce qu'il n'est pas dans cette optique un peu sombre" du festival 

Visa pour l'image 2016 : une rupture dans la programmation avec le travail de Niels Ackermann
Les festivaliers le disent, son exposition offre une pause teintée d'espoir dans la programmation de Visa pour l'image 2016. Pour l'auteur, ce prix était une surprise.  - FR 3 LR - Joan Lopez et Cathy Dogon

"Le jury a fait quelque chose de grand" en choisissant d'exposer ce jeune photographe suisse. Le festival et les médias qui ont publié son travail amorcent une nouvelle étape : celle de l'information plus positive. 

J'y vois une espèce de rupture, une volonté de ne pas dire que tout va mal, que tout n'est que mort... Il y a aussi de la vie !"


Son travail sort des récits communs sur Tchernobyl mettant en lumière les cancers liés aux radiations. Il montre l'insouciance dans un décor "rappelant la France des années 60". "Et j'ai l'impression que ça fait du bien d'avoir un propos plus léger" sourit Niels Ackermann. 

►Tchernobyl, "source de vie" à Slavutych 

Il a suivi pendant 3 ans le quotidien d'Ioulia - "aimée" en ukrainien - et de ses amis. 30 ans après l'explosion, il existe à Slavutych, près de Tchernobyl, une activité économique voire touristique, et surtout une jeunesse qui profite de la vie. 
Visa pour l'image : Niels Ackermann montre la complexité autour de la jeunesse de Tchernobyl
Loin des "images grésillantes de Tchernobyl", l'explosion de la centrale nucléaire en 1986 reste en trame de fond dans le projet photo "l'Ange blanc" de Niels Ackermann. - FR 3 LR - Joan Lopez et Cathy Dogon

A travers des couleurs froides et des expressions parfois enjouées, toujours sincères, les photographies aux cadres précis de Niels Ackermann nuancent la perception que l'on peut avoir de cette catastrophe. "Je ne suis pas là pour dire si le nucléaire est bien, ou mal, mais pour montrer la naissance d'une génération qui travaille à Tchernobyl".

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