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Polémique autour de la désignation du champion catalan de biathlon Martin Fourcade comme candidat de la France au CIO

Le biathlète Martin Fourcade / © Jonathan NACKSTRAND / AFP
Le biathlète Martin Fourcade / © Jonathan NACKSTRAND / AFP

Le Catalan Martin Fourcade, quintuple champion olympique de biathlon, a été préféré au champion de saut à la perche Renaud Lavillenie pour être le candidat de la France à la commission des athlètes du Comité International Olympique, au terme d'une procédure express et décriée.

Par Valérie Luxey

C'est avec plus d'une heure de retard que le président du Comité Olympique Français (CNOSF) lui-même, Denis Masseglia, s'est chargé d'annoncer la décision de la commission réunie ce 4 septembre 2019 : Martin Fourcade, quintuple champion olympique de biathlon originaire des Pyrénées-Orientales, sera le candidat de la France à la commission des athlètes du Comité International Olympique (CIO), en 2022.


Vote secret


Un horaire tardif qui en dit long sur les tiraillements internes autour de ce vote resté secret. Tony Estanguet, co-président du comité Paris-2024, qui devra laisser sa place après 8 ans à cette même commission des athlètes du CIO, s'est contenté d'un laconique :
 

On était assez partagés.


Fourcade préféré à Lavillenie


Pour évoquer la rivalité qui a opposé dans cette désignation le Catalan au champion de saut à la perche Renaud Lavillenie, Denis Masseglia a évoqué "un déchirement pour tous d'avoir à faire le choix entre deux athlètes que tout le monde estime".


"Mascarade" ?


Cette procédure de désignation, aussi express que décriée, avait suscité, la veille de l'annonce du résultat, ce commentaire de Renaud Lavillenie :
 

Je sens que les choses sont ambiguës [...] Les règles du jeu ne sont connues que deux semaines avant la date butoir.


Mais à l'annonce du résultat, le champion s'est montré fairplay :
 


Une commission de 15 personnes


Guy Drut, ancien ministre des sports, membre du CIO et membre du jury, n'a quant à lui pas hésité à parler de "mascarade". Selon lui, le vote était biaisé en faveur de Martin Fourcade. 

La commission était composée de 15 personnes : outre Guy Drut et Denis Masseglia, les présidents des fédérations des 2 candidats n'ont pris part au scrutin. Restaient le secrétaire général du CNOSF, Jean-Michel Brun, les autres membres français du CIO (Tony Estanguet et le président de la fédération internationale d'aviron Jean-Christophe Rolland), 2 autres présidents de fédérations sportives et 6 représentants des sportifs.


Et maintenant : jouer collectif


Se gardant bien de crier victoire, le natif des Pyrénées-Orientales a, de son côté, préféré ménager son adversaire malheureux :
 

Le timing était serré, c'est un fait [...] Mais je suis content qu'on ait pris le temps de choisir un candidat [...] Ce n'est qu'une étape. Rien n'est gagné ce soir. J'ai un sentiment de responsabilité vis-à-vis de Renaud, qui ne sera pas candidat. Maintenant je dois mettre toutes les chances de notre côté.


Le Catalan s'est aussi empressé de répondre au tweet de félicitations du perchiste :
 


Perche tendue à Renaud Lavillenie


Tout au long de ce processus de désignation, Denis Masseglia a été accusé d'avoir laissé prospérer les deux candidatures et de ne pas avoir anticipé un possible duel entre les deux champions, ce dont il s'est toujours défendu. A l'issue du vote, Tony Estanguet a tenté d'amortir le choc en affirmant vouloir donner à Renaud Lavillenie "un rôle important dans le sport français", peut-être en l'impliquant davantage dans la préparation des Jeux Olympiques de Paris-2024. Ce à quoi le champion a répondu favorablement dans un tweet.
 
 

Un seul siège par pays


Deux sportifs d'un même pays ne pouvant siéger en même temps à la commission des athlètes, il avait été demandé au perchiste Renaud Lavillenie de faire l'impasse sur une candidature en 2020 à Tokyo, pour laisser la place à Martin Fourcade deux ans plus tard. Car les sportifs d'été sont élus aux JO d'été et ceux d'hiver aux JO d'hiver, lors de scrutins organisés auprès de leurs pairs. L'enjeu pour la France est de garder ce poste, qui donne droit à un siège au CIO.
  
 

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