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Pourquoi l'hôpital de Perpignan rejoint la grève nationale des urgences

Le personnel des urgences de l'hôpital de Perpignan a commencé une grève illimitée lundi 24 juin 2019 / © JF.Puakavase / FTV
Le personnel des urgences de l'hôpital de Perpignan a commencé une grève illimitée lundi 24 juin 2019 / © JF.Puakavase / FTV

Les urgences de l'hôpital de Perpignan commencent une grève illimitée. Le SAMU et le SMUR rejoignent ainsi le mouvement national. Au cœur des revendications, un manque crucial de personnel qui accentue la dégradation des conditions de travail et de prise en charge des patients.

Par Carine Alazet


Burn-out, dépression, personnel en souffrance : selon les syndicats, la situation des urgences de Perpignan est aussi dégradée que celle des hôpitaux parisiens, les premiers à se mettre en grève en mars 2019.

Mais à l'approche de l'été, traditionnel pic d'activité au CHU de Perpignan, et en l'absence d'améliorations prévues, le personnel des urgences a décidé de se mettre en grève ce lundi 24 juin.

Les grévistes, qui assurent cependant les urgences, se sont donc rassemblés devant l'hôpital et ont distribués des tracts pour expliquer leurs revendications.

 

Les grévistes de l'hôpital de Perpignan dénoncent un manque de personnel qui empêche la prise en charge correcte des patients qui se présentent aux urgences. 24/06/2019 / © JF.Puakavase / FTV
Les grévistes de l'hôpital de Perpignan dénoncent un manque de personnel qui empêche la prise en charge correcte des patients qui se présentent aux urgences. 24/06/2019 / © JF.Puakavase / FTV

 

Le témoignage d'Estelle Doche, infirmière aux urgences de Perpignan

Je suis en grève aujourd’hui pour manifester un mécontement général de nos conditions de travail qui se dégradent au fur et à mesure des années.

Estelle Doche, infirmière aux urgences de Perpignan depuis 6 ans. 24/06/2019 / © JF.Puakavase / FTV
Estelle Doche, infirmière aux urgences de Perpignan depuis 6 ans. 24/06/2019 / © JF.Puakavase / FTV


Estelle Doche est infirmière depuis de longues années et aux urgences depuis 6 ans. Pour elle, aucun doute : la situation s'est dégradée. "Quand j’ai commencé, je n’ai pas l’impression que c’était comme ça".

Pour elle, le manque de personnel aux urgences est flagrant : 19 médecins en moins en un an, des arrêts maladies non remplacés chez les infirmiers et les aide-soignants.

On revient sur nos repos pour compléter le manque, ça commence à tirer... Fatigue épuisement. On fait ce qu’on peut du mieux qu’on peut pour les patients mais toutes ces absences impactent sur leur temps d’attente.


Estelle Doche explique que les soignants font ce qu'ils peuvent, essaient "d’anticiper les actes à faire pour améliorer le temps d’attente mais les décisions finales sont prises par des médecins qui ne sont pas en nombre suffisant".

Selon les syndicats du CHU de Perpignan, il manque 20 médecins et autant d'infirmiers et d'aide-soignants pour que les urgences puissent fonctionner normalement.


La direction reconnaît des difficultés à recruter

La direction de l'hôpital de Perpignan ne donne pas les mêmes chiffres, reste floue sur le nombre de médecins manquants et considère que le recrutement de 10 infirmiers et aide-soignants sera suffisant.

On a recruté 10 agents, ce qui permet d’avoir un infirmier et un aide-soignant en plus toutes les nuits et deux infirmiers supplémentaires tous les jours, 7 jours sur 7.

Le problème majeur pour Jérôme Rumeau, directeur des ressources humaines de l'hôpital de Perpignan, c'est le recrutement des personnels.

C'est la raison pour laquelle il ne peut remplacer les congés maladie et les vacances. Il explique attendre donc avec impatience la nouvelle promotion de l'institut de formation des infirmières de Perpignan, diplômée le 25 juillet prochain.

Quant aux médecins nécessaires pour faire fonctionner les urgences, les candidats ne se bousculent pas.

Etre médecin urgentiste, c'est un métier très difficile, avec des horaires contraignants. Il a un réel manque d'attractivité.


La grève nationale a commencé mi-mars

Le mouvement de grève est parti mi-mars 2019 de l'hôpital Saint-Antoine à Paris.

C'est une "agression de trop" qui a mis le feu aux poudres. Infirmiers et soignants se sont mis en grève.
Un mouvement qui s'est ensuite propagé aux autres hôpitaux parisiens, puis à toute la France.

Le mouvement, soutenu et encadré par les principaux syndicats hospitaliers (CGT, SUD, FO), s'est cristallisé autour des revendications sur l'augmentation des salaires et des effectifs. 

Début juin, pour accentuer la visibilité de leur colère, les soignants ont déposé massivement des arrêts maladie. 

Le 14 juin, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé le déblocage de 70 millions d'euros pour les hôpitaux publics.

Insuffisant pour les grévistes qui pointent la faiblesse de ces fonds par rapport aux 82 milliards du budget hospitalier pour 2019, soit une augmentation de 0,08% du budget initialement prévu.

Début juin, après des assemblées générales des personnels en France, la grève a donc été maintenue.

Les chiffres de la la Ministre sont très beaux mais loin de la réalité du terrain ! Résultats des AG du collectif toujours aussi motivés, nous poursuivons le mouvement !

 

 

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