Pyrénées-Orientales : inquiétude pour le programme de prévention des incendies via les pâtures des éleveurs des Albères

Une pâture coupe-feu dans le massif des Albères (Pyrénées-Orientales) / © Camille Astruc, France 3 Occitanie/Pays Catalan
Une pâture coupe-feu dans le massif des Albères (Pyrénées-Orientales) / © Camille Astruc, France 3 Occitanie/Pays Catalan

Les éleveurs du massif des Albères (Pyrénées-Orientales) s'inquiètent du devenir des aides les incitant à entretenir des aires dites "coupures de combustible" dans cette zone souvent touchée par les départs de feu. Les contrats signés avec la Région, l'Etat et l'Union Européenne arrivent à échéance.

Par Valérie Luxey

Dans le massif des Albères (Pyrénées-Orientales), les départs de feu sont fréquents. Alors, depuis plusieurs années, des contrats ont été passés entre les éleveurs de la zone et la Région, l'Etat et l'Union Européenne. En échange d'aides financières, les agriculteurs entretiennent sur leurs terres des pâtures dites "coupures de combustible". Mais ces contrats arrivent à échéance et les exploitants s'inquiètent de leur renouvellement.
 
 

Des vaches pour débroussailler


Si l'herbe est rase, c'est grâce aux vaches qui, en pâturant, participent à l'entretien de ces zones coupe-feu. Sur l'exploitation d'Evelyne Babilon, en surplomb d'Argelès-sur-Mer, la parcelle en question compte 15 hectares classés "Défense des forêts contre l'incendie", que l'éleveuse s'est engagée à entretenir :
 

J'ai des zones qui sont bien définies, que je n'ai pas choisies, où je dois, a minima deux fois sur 5 ans, faire débroussailler mécaniquement en plus du pâturage. Il ne faut pas que l'embroussaillement au sol dépasse plus de 30%.


Echéance 2020


Ces dispositifs permettent de limiter les combustibles éventuels et de faciliter l'intervention des pompiers. Les agriculteurs sont dédommagés en contrepartie. Mais à l'heure des renégociations de la Politique Agricole Commune, les éleveurs des Albères alertent sur les incertitudes qui pèsent sur l'avenir des coupures pastorales, comme l'explique Anne Rouquette, conseillère "élevage" à la chambre d'agriculture des Pyrénées-Orientales :
 

Ce sont des contrats pluri-annuels de 5 ans. Les derniers ont été signés en 2015 et vont s'arrêter en 2020. Aujourd'hui, il n'y a aucune certitude sur ce qui va être mis en œuvre ou pas ensuite. Donc il y a un risque que les éleveurs abandonnent cet entretien s'il n'y a pas d'accompagnement.


Un enjeu transfrontalier


Face à cet enjeu, Alberapastur, un programme de gestion transfrontalière du massif des Albères, espère aboutir à des accords de coopération, comme le souhaite Francis Manent, vice-président de l'association "Pays Pyrénées-Méditerranée" :
 

L'incendie, lui, ne connaît pas de frontière. Donc il faut que nous, qui luttons contre ces feux de forêt, nous travaillions sur des plans d'ensemble des deux côtés [de  la frontière franco-espagnole, NDLR].


Vers une baisse du nombre d'hectares coupe-feux ?


On comptait en 2014 plus 1000 hectares de coupures pastorales dans les Pyrenées-Orientales. La crainte est désormais de voir ce chiffre divisé par 10 au-delà de 2020.

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