THT France-Espagne : début des travaux du tunnel côté français

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Le chantier du percement du tunnel qui accueillera la THT France/Espagne devant doubler la capacité d'échange de courant, a démarré mercredi côté français, huit mois après le début des travaux côté espagnol.


Un second tunnelier, baptisé "Canigou", a commencé l'excavation de la partie nord du tunnel sur le versant français de la chaîne pyrénéenne des Albères, à Montesquieu-des-Albères dans les Pyrénées-Orientales, a indiqué dans un communiqué Inelfe la coentreprise chargée du projet.

Un premier tunnelier avait commencé en février à creuser à La Jonquera, côté espagnol.

Le démarrage de ce second tunnelier "constitue une étape clé dans l'avancée de cette interconnexion attendue depuis 30 ans", a souligné Inelfe, qui précise que le tunnel devrait être achevé fin 2013, en vue d'une mise en service de la ligne en 2014.
La ligne à très haute tension qui passera par ce tunnel sera longue en tout de 65km, entre Santa Llogaia, en Catalogne, et Baixas dans les Pyrénées-Orientales.

Elle constitue une première mondiale sur le plan technique selon ses bâtisseurs, notamment du fait du recours à une technologie à courant continu sur une distance inédite à ce niveau de puissance: 1.000 mégawatts dans chaque sens.
Outre le tunnel central de 8,5 km creusé au travers du massif pyrénéen, elle comprendra des tranchées couvertes de part et d'autre, et des stations de conversion d'électricité à ses deux extrémités.

Cette ligne vise à sécuriser l'approvisionnement électrique des deux pays, en permettant notamment à la France d'importer plus de courant d'Espagne lors des pics de consommation hivernaux. Elle doublera la capacité d'échange d'électricité entre les deux pays, pour la porter à 2.800 mégawatts. Elle accompagnera aussi le développement des énergies solaire et éolienne de part et d'autre des Pyrénées.

Inelfe appartient aux gestionnaires des réseaux électriques français RTE (filiale d'EDF) et espagnol REE.

Cette nouvelle ligne à haute tension dans les Pyrénées orientales est en gestation depuis 1994.

Le projet s'était enlisé en 2003-2004 du fait de la vive opposition des riverains côtés français à l'installation d'une ligne aérienne.
Du coup, la France et l'Espagne ont opté en 2008 pour une ligne souterraine, au coût beaucoup plus élevé (700 millions d'euros).
Ce mois-ci, le président français François Hollande et le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy ont affirmé leur soutien à ce projet, et confirmé la volonté des deux pays de porter les capacités d'échange d'électricité franco-espagnoles à 4.000 mégawatts d'ici 2020, en privilégiant l'option d'une liaison sous-marine qui passerait par le Golfe de Gascogne.