Bac : des lycéens de Gaillac ont eu accès à un sujet d'anglais avant l'examen... grâce à leur prof !

INFO FRANCE 3 - Les élèves d'une classe de terminale du lycée Victor Hugo de Gaillac (Tarn) ont eu accès, par leur enseignant, au vocabulaire de l'épreuve de compréhension orale qu'ils ont passée quelques jours plus tard. "Mauvais concours de circonstances" selon la direction de l'établissement. 

L'entrée du lycée Victor Hugo de Gaillac
L'entrée du lycée Victor Hugo de Gaillac © MaxPPP
L'épreuve de compréhension orale d'anglais au bac est une épreuve anticipée du baccalauréat qui compte pour un quart de la note : il s'agit pour l'élève de terminale d'écouter à plusieurs reprises un texte en anglais d'une durée maximale de 90 secondes et de restituer ensuite le vocabulaire employé dans cet enregistrement.

La propension que ce vocabulaire ait été révisé en classe quelques jours avant l'épreuve est très faible. C'est pourtant ce qui s'est passé pour une classe de terminale ES du lycée Victor Hugo de Gaillac dans le Tarn, selon nos informations.

L'enseignante savait que le sujet portait sur le développement durable​

Le 21 mars dernier, les élèves passent l'épreuve de compréhension orale : le thème porte sur le développement durable. Heureux hasard, quinze jours plus tôt, lors du dernier cours, leur enseignante leur a fourni des outils de vocabulaire portant justement... sur le développement rural !

Interrogé par France 3, le proviseur du lycée Victor Hugo parle d'un "mauvais concours de circonstances". Germain Maubert confirme que l'enseignante connaissait le sujet, était "au courant de la thématique" puisqu'elle fait partie des enseignants qui ont choisi le thème pour cette épreuve. Mais il indique qu'il n'y a pas eu de sa part de volonté de privilégier ses élèves.

Une épreuve inéquitable ?

Pour Mehdi, élève dans une autre terminale ES et qui a passé l'épreuve sans avoir été préparé à ce vocabulaire, "certains ont eu un avantage et c'est quand même un peu une injustice". "Injustice", c'est le mot qui revient dans la bouche des élèves des autres classes, comme Inès, de terminale STMG : "C'est injuste mais je pense que ce n'était pas volontaire. Il faudrait tout de même qu'il y ait une réparation, par rapport à notre note". 

L'établissement a été alerté par des parents d'élèves d'autres classes qui n'ont pas eu la chance de réviser ce vocabulaire avant l'épreuve et qui s'interrogent sur l'équité de l'épreuve. "Je comprends que des parents se demandent si tout cela est équitable, a indiqué le proviseur, cependant nous n'allons pas faire recomposer les élèves car en l'occurrence il n'y a pas eu fraude. En revanche, nous allons voir avec l'inspection comment une l'équité peut être rétablie au niveau de la notation entre ceux qui ont eu le vocabulaire et ceux qui ne l'ont pas eu".

Vidéo : le reportage de Matthias Julliand et Cécile Fréchinos
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