Législatives 2022. Premiers candidats présentés dans le Tarn : Carole Delga prend ses distances avec le PS national ?

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Écrit par Laurent Dubois

Carole Delga se pose en chef de file pour les législatives en Occitanie. Hostile à un accord avec La France Insoumise, la présidente de Région a présenté dans le Tarn les trois premiers candidats d’une "gauche pragmatique et du réel". Deux sont socialistes et un autre représente la société civile.

Ce jeudi 28 avril, dans le Tarn, Carole Delga est passée aux actes. La présidente de la région Occitanie, a annoncé, avant le second tour de la Présidentielle, qu’elle s’engagerait dans la bataille des législatives. Désormais, c’est fait.

Le lancement des opérations s’est déroulé, à Albi, à quelques kilomètres de la circonscription carmausine de Jean Jaurès. Un engagement de Carole Delga était parfaitement prévisible. La première Socialiste d’Occitanie ne pouvait pas rester sur le banc de touche, à regarder le match. Le tempérament de Carole Delga la porte naturellement à entrer dans la mêlée. En revanche, le timing est plus étonnant.

En pleine négociation du PS avec La France Insoumise

Carole Delga présente publiquement des candidats aux législatives alors que son parti négocie encore un accord pour les mêmes élections avec La France Insoumise. Le tempo affiche la couleur : Carole Delga s’autonomise par rapport aux instances nationales du PS. Même si, selon les organisateurs de l'événement, la date a été prévue longtemps avant l'ouverture des négociations entre le PS et LFI. 

Carole Delga le reconnaît elle même. Elle a été mise en minorité, au sein du conseil national du PS, sur la question d’une discussion avec La France Insoumise pour les législatives. Des négociations sont en cours.

Je ne peux pas cautionner une union par défaut.

Carole Delga

La présidente de la Région Occitanie trace sa feuille de route sans attendre la signature ou l’échec d’un éventuel accord. Elle qualifie d’ailleurs ces négociations de « politique politicienne ».

La gauche des territoires face au PS national

Carole Delga reprend des accents d’un ancien président de Région, Georges Frêche, et oppose frontalement Paris à Toulouse et Montpellier, le PS national à une « gauche de terrain ».  Le Rubicon n'est pas franchi. La présentation de candidats aux législatives s’est faite en présence du président socialiste du conseil départemental et du 1er Fédéral du parti.

 La présidente de Région a utilisé, lors de la campagne des régionales, le slogan « voter Carole ». Mais il ne s’agit pas, pour la présidente de la plus grande Région de France, de lancer ses candidats et de mettre en piste un nouveau parti. Formellement, il s’agit toujours de rester dans le cadre du PS. 

En revanche, sur le fond, Carole Delta affirme clairement son autonomie. Une autonomie qui, du côté des instances nationales du PS, risque d’être perçue comme une sédition.  

Des tensions internes

Selon plusieurs sources internes au parti socialiste, les récentes positions de Carole Delga ont suscité des grincements de dents et le dernier conseil national a été tendu. L'entrée en campagne législative de la présidente de Région risque de susciter de nouvelles crispations. 

Contacté, le PS national n'a pas réagi. 

Une clarification à venir

Interrogée sur les conséquences de l'application d'un éventuel accord LFI-PS, Carole Delga a répondu que le département du Tarn ne serait pas impacté. 

Selon la présidente de Région, une éventuelle union ne pourrait porter que sur les circonscriptions ou il existe un risque de victoire pour le Rassemblement National. Mais, en toute hypothèse, le fait de lancer publiquement des candidatures "locales" (estampillées ou apparentées PS) pourrait se heurter à des engagements pris au niveau national.

Tout cela reste encore parfaitement virtuel et relève de la politique fiction. Mais une chose est évidente. Pour les législatives, comme pour toutes les élections, accord ou pas accord avec LFI ou tout autre parti, les investitures reposent sur des instances et des statuts... nationaux.  

S'agissant du Tarn, les trois candidats ont été investis par le conseil fédéral. Leur investiture n'est pas encore validée par les instances nationales du PS. Mais le première secrétaire, Olivier Faure, aurait été informé selon une source socialiste.

À une centaine de kilomètre d'Albi, les socialistes de Ariège sont sur la ligne tarnaise. Eux aussi ne se sentent pas liés par un éventuel accord national. Mais la situation est beaucoup plus "sensible". A Foix et ses environs, Jean-Luc Mélenchon dispose de deux députés sortants. En cas d'accord, LFI peut parfaitement demander au PS de s'éclipser en ne présentant aucune candidat.

Une hypothèse totalement rejetée par le leader du PS ariégeois, proche de Carole Delga : Kamel Chibli.