Procès de l'infanticide de Gaillac : la mort d'Amine aurait-elle pu être évitée ?

Amine venait d'avoir un an quand il a été retrouvé mort, au domicile de sa mère, à Gaillac, en 2017.
Amine venait d'avoir un an quand il a été retrouvé mort, au domicile de sa mère, à Gaillac, en 2017.

Amine est mort alors qu'il venait d'avoir un an. Il a succombé à des coups, violents, répétés. Dans le box des accusés, aux assises du Tarn, sa mère et son ex-compagnon. Tout au long de l'audience flotte cet insupportable sentiment que le drame aurait pu être évité.

Par Marie Martin

Ce sont les mots d'un des avocats de la défense : la mort d'Amine, c'est "la chronique d'un drame annoncé"...

Le petit garçon né en 2016 a été retrouvé mort le 17 janvier 2017, au domicile de sa mère, quelques jours seulement après son anniversaire. Son corps présente de nombreux hématomes. Il est en outre anormalement maigre. L'autopsie révèlera quelques heures plus tard une dizaine de fractures anciennes ou récentes. Des contusions en grand nombre. 
Amine est mort d'une hémorragie, suite à plusieurs coups violents. Il a aussi dans les mois précédant sa mort été régulièrement battu. 

Avant sa mort, Amine n'était pas un enfant isolé socialement. Il était entouré de la famille d'Elisa, était très régulièrement vu par le médecin traitant, les services sociaux, le personnel de la crèche où il allait deux fois par semaine. Pourtant, personne n'a lancé d'alerte sérieuse.

Une chose, tout de même, est indéniable : depuis la naissance d'Amine, les doutes existaient sur les capacités d'Elisa Delga, sa mère, à l'élever dans de bonnes conditions. A la maternité déjà, on lui propose un placement mère-enfant. Ce qu'elle refuse. Cela deviendra une obsession chez la jeune mère : éviter à tout prix un placement, qu'elle avait elle-même vécu enfant comme un traumatisme.
Les services sociaux font des visites régulières au domicile et fin décembre 2016, quelques éléments d'inquiétude apparaissent. Au point qu'une audience avec le juge des enfants est programmée le 17 janvier 2017. Amine mourra dans la nuit précédant ce rendez-vous...
Dans le box des accusés, Elisa Delga, Mickaël Taboulot, sont poursuivis pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner mais les jurés devront également répondre à la question : se sont-ils abstenus volontairement de porter assistance à Amine ?

Le père d'Elisa Delga, lui, est poursuivi dans ce dossier pour non-dénonciation des faits de violence. Il encourt 3 ans de prison, l'avocat général a requis 18 mois de prison  dont 6 avec sursis. Son avocate, maître Emmanuelle Pamponneau, a plaidé l'acquittement pur et simple : "Personne n'a rien vu et lui, un vieil homme alcoolique, il aurait dû voir ? Ce n'est pas juste..."



 

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