Procès de l'infanticide de Gaillac : qui est la mère d'Amine, co-accusée de sa mort ?

Le procès d'Elisa Delga et Mickaël Taboulot se tient à Albi jusqu'au 15 novembre 2019. / © FTV
Le procès d'Elisa Delga et Mickaël Taboulot se tient à Albi jusqu'au 15 novembre 2019. / © FTV

La personnalité d'Elisa Delga, poursuivie avec son ex-compagnon pour violences volontaires ayant entraîné la mort de son enfant Amine sans intention de la donner, a été évoquée, mardi 12 novembre 2019, premier jour du procès du couple devant la cour d'assises de Tarn.

Par Marie Martin

Elle a fait son entrée dans le box des accusés, aux alentours de 9h25, ce mardi 12 novembre 2019. Aujourd'hui âgée de 23 ans, en détention provisoire depuis le 26 janvier 2017, Elisa Delga est une petite jeune femme, à la voix fluette. Ses premiers mots prononcés font penser à une enfant.

Et c'est bien cela que va décrire l'enquêtrice de personnalité, mandatée pour rencontrer l'accusée et ses proches et en faire le portrait le plus objectif possible. L'enquêtrice est le premier témoin à passer à la barre. 

Elisa Delga est née à Albi, le 11 décembre 1995. Elle a un frère et un soeur et a grandi au sein d'un foyer désuni. Les parents se séparent quand elle a huit ans, la mère préférant fuir le violence et l'alcoolisme du père. En 2008, pour une raison encore floue, la mère demande le placement de ses enfants en famille d'accueil. Elisa ne l'aurait pas supporté. A l'enquêtrice, elle évoque un sentiment d'abandon.

Elisa Delga ne poursuit pas une scolarité classique, elle est placée en centre médico-éducatif. La jeune fille souffre de déficience mentale. Elle agit et parle comme une enfant, a constamment besoin de cadre et de structure. 

Elle est enceinte à l'âge de 20 ans, le père biologique est beaucoup plus âgé qu'elle. Elle s'en sépare après la naissance d'Amine et part vivre chez sa mère avec le bébé. Très vite, un placement mère-enfant est proposé, Elisa et sa mère refusent, même si la jeune maman a du mal à gérer son bébé. A tel point que quand sa mère doit partir pour un emploi dans la région de Nice, elle prend l'initiative de signaler aux services sociaux que si sa fille ne s'en sort pas, elle prendra elle-même le bébé. Première alerte.

Décrite comme réservée, dans son monde, timide, Elisa Delga est aussi une "fille sans émotion", dit sa mère à l'enquêtrice de personnalité, "une jeune femme vide". 
Son frère, lui, la dit gentille, incapable de faire du mal, naïve. "Elle se fait manger la tête", dit le jeune homme à la barre. 

"Il y avait une cassure", assure sa tante à la cour. "D'où elle venait ? Je ne sais pas..."

La famille d'Elisa Delga n'a en tout cas guère de doute sur ses fragilités...

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