Tarn : l'usine à oeufs de Lescout au centre d'une réunion publique

L’entreprise familiale située à la Bouriette, entourée de plusieurs hameaux, est au centre de toutes les suspicions. / © Sylvain Duchampt
L’entreprise familiale située à la Bouriette, entourée de plusieurs hameaux, est au centre de toutes les suspicions. / © Sylvain Duchampt

A Lescout, dans le Tarn, un élevage industriel de poules pondeuses est accusé de nuisances par le maire et les habitants. 
Ils ne supportent plus les effluves qui s'en échappent et les rejets d'ammoniaque. Ils craignent pour leur santé. 200 personnes ont assisté lundi soir à une réunion publique. 

Par Corinne Lebrave

Lundi soir à Lescout, la salle polyvalente était presque trop petite pour accueillir les 200 personnes venues obtenir des réponses à leurs interrogations. 

"Moi je veux savoir ce qu'on respire", "Il y a une gêne", "Quand vous me dites que vous faites des contrôles, venez boire l'apéro !".

D'un côté il y a des habitants inquiets pour leur santé et leurs questions fusent. De l'autre les services de l'Etat, venus faire le point sur un dossier sensible.

Début le mois de janvier, le maire de Lescout, Serge Gavalda avait même alerté sur un risque de cancer accru dans sa commune. Chiffres à l'appui, il désigne un coupable : un élevage industriel de poules pondeuses, situé à proximité du village. Les villageois se plaignent des émanations nauséabondes. L'école à 700m de l'usine est la première concernée. Les élèves parfois ne sortent pas de la classe à cause de l'odeur.

Lire l'article de Sylvain Duchampt :


L'entreprise familiale élève 187 000 volailles. Les effluves d'ammoniaque que les villageois sentent parfois, piquent les yeux et raclent la gorge. Une véritable gêne. 
Le propriétaire de l'élevage, Cyril Gallès, a toujours dit qu'il n'avait rien à cacher et qu'il respectait la réglementation.
Mais les habitants veulent plus de contrôles et des relevés au delà des bâtiments de l'exploitation. 

Sur la question relative au nombre élevé de cancers à Lescout, l'agence nationale de santé a été saisie. Elle rendra ses conclusions dans le courant du mois de juin.
Quant au projet d'agrandissement de l'exploitation en face des bâtiments actuels, il est pour l'instant à l'arrêt en raison d'un permis de construire que le maire refuse de signer.

La réunion publique aura duré deux heures. Présent dans la salle et interpellé à plusieurs reprise, l'éleveur, Cyril Gallès, est resté silencieux face aux accusations. Une procédure judiciaire est en cours à l'initiative de plusieurs voisins de l'exploitation. 

Le reportage de Matthias Julliand et Nicolas Bonduelle

 

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