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Plusieurs milliers de personnes participent à la marche blanche en hommage à l'institutrice tuée à Albi vendredi

A Albi, plusieurs milliers de personnes ont participé à la marche blanche organisée à la mémoire de Fabienne Terral-Calmès, tuée dans sa classe, vendredi dernier, par une mère d'élève. Parti à 18h30 du stade Rigaud, le cortège s'est rendu devant l'école Edouard-Herriot où a eu lieu le drame. 
Plusieurs milliers de personnes marchent en hommage à la jeune enseignante.
Plusieurs milliers de personnes marchent en hommage à la jeune enseignante. © Corinne Carrière/France 3 Tarn

Une ville sous le choc

Trois jours après le drame, plusieurs milliers d'Albigeois ont voulu rendre hommage à Fabienne Terral-Clamès, cette enseignante de 34 ans, mortellement poignardée dans sa classe par une mère d'élève, vendredi matin. Une marche silencieuse qui a réuni plusieurs milliers de personnes, parents d'élèves, enfants, élus, proches et enseignants... Ainsi que quelques membres de la famille de la victime.
Le cortège, parti à 18h30 du stade Rigaud, a rejoint l'école Edouard-Herriot où a eu lieu le meurtre. Le défilé, ouvert par des proches et des collègues de l'institutrice très émus, a été organisé en accord avec son mari, sans slogan ni banderole. Il s'est déroulé à la veille des obsèques de cette femme de 34 ans, elle-même mère de deux petites filles. L'émotion était très grande, à l'arrivée devant l'école, théâtre du drame.

Une école soudée autour des enfants

Unis dans le chagrin, enseignants et parents ont fait corps, dès samedi, autour des enfants de cette école d'Albi où l'institutrice de maternelle a été poignardée à mort par une mère déséquilibrée.
La "cellule d'écoute" a été ouverte samedi à l'ensemble des familles de l'école. Mais dès vendredi, "aussitôt après le drame, des psychologues nous avaient pris les enfants, pour qu'ils parlent, en groupe", a expliqué un parent d'élève. 
Toute la matinée, adultes et enfants ont déposé des bouquets, des dessins, des petits mots, vantant "une super maîtresse", "une belle femme, gentille et généreuse". Lors de la réunion, fermée à la presse, tous étaient invités à s'exprimer.
"Nous allons accompagner les enfants, les familles, les enseignants, tous ceux qui en ont besoin jusqu'à la rentrée et aussi longtemps que ce sera nécessaire", a expliqué l'adjoint de la directrice académique, Farid Djemmal, en marge de cette réunion.

Une communauté éducative en deuil

Dès vendredi, 500 enseignants se sont rassemblés devant l'Inspection académique du Tarn, à Albi, terriblement choqués par ce drame. Le meurtre d'un enseignant est un fait rarissime en France. Quatre enseignants ont été tués en France en 30 ans. Le dernier meurtre en date remonte au 15 août 1995 et s'est produit à Dax, à l'extérieur d'un établissement scolaire.
Pour autant, une étude de l'Insee menée entre 2007 et 2013 et publiée jeudi indiquait que plus d'une personne sur dix travaillant dans l'Education nationale déclarait avoir fait l'objet de menaces et d'insultes, soit près de deux fois plus que dans l'ensemble des autres professions.
Dans les collèges et lycées, ce sont généralement les élèves qui sont à l'origine des menaces et insultes. Mais dans les écoles, les enseignants sont le plus souvent la cible des adultes, principalement des parents.

Abolition du discernement

L'auteure des coups mortels, une femme de 47 ans, mère d'une fillette de six ans scolarisée dans la classe de la victime, a été mise en examen samedi par un juge d'instruction pour "assassinat". Elle avait été placée dès vendredi en milieu psychiatrique, une première expertise ayant conclu à "des troubles psychiques ayant aboli son discernement".
L'expertise avait mis en évidence des "troubles mentaux sévères sous forme d'idées délirantes de persécution", alors qu'elle avait déjà été placée en hospitalisation sous contrainte en milieu psychiatrique, en début d'année.
Une contre-expertise pourrait être ordonnée dans les prochaines semaines.

"Un drame abominable"

Ce sont les mots du chef de l'Etat, François Hollande, tout de suite après les faits. Le président de la République a exprimé vendredi sa "consternation" après le "drame abominable" du meurtre d'une institutrice à Albi, dans un communiqué publié par l'Elysée, tandis que son Premier ministre Manuel Valls a
fait part de son "effroi". "C'est toute la communauté éducative qui est en deuil aujourd'hui", a souligné le chef du gouvernement.
Le chef de l'Etat a demandé au ministre de l'Education nationale Benoît Hamon de se rendre immédiatement sur place, à l'école Edouard Herriot d'Albi.
Pour celui-ci, "il s'agit d'un acte isolé bien sûr mais un acte épouvantable, abominable et il faut travailler à faire en sorte que demain on protège mieux l'école, on l'apaise, on la protège de cette violence, de ces conflits qui peuvent s'y nicher", a insisté Benoît Hamon, soulignant la réussite du projet éducatif dans ce quartier marqué par la mixité sociale.

Les obsèques de Fabienne Terral-Clamès auront lieu mardi 8 juillet à Notre-Dame-de-la-Drêche, près d'Albi. 

Voir ici le reportage de Corinne Carrière et Christelle Sivatte de France 3 Tarn : 

durée de la vidéo: 01 min 49
Marche blanche pour Fabienne

 

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