Toulouse : la bataille judiciaire sur la mort de Rémi Fraisse va-t-elle être relancée ?

Une quarantaine de personnes se sont rassemblées devant le tribunal ce jeudi matin en soutien à la famille de Rami Fraisse / © Christophe Neidhardt
Une quarantaine de personnes se sont rassemblées devant le tribunal ce jeudi matin en soutien à la famille de Rami Fraisse / © Christophe Neidhardt

La bataille judiciaire de la famille de Rémi Fraisse continue au tribunal de grande instance de Toulouse ce jeudi. La chambre d'instruction va examiner à huis clos, en appel, l’ordonnance de non-lieu sur le gendarme qui a lancé la grenade qui a tué le jeune militant en 2014.

Par Christine Ravier

Rémi Fraisse, 21 ans, a perdu la vie le 26 octobre 2014, touché par l'explosion d'une grenade paralysante, alors qu'il manifestait pacifiquement contre la construction du barrage de Sivens. Ce jeudi 10 octobre, à Toulouse, la bataille judiciaire engagée par sa famille se poursuit.

Elle veut obtenir qu'un juge d'instruction reprenne l'affaire alors qu'un non-lieu avait été rendu en janvier 2018. Objectif : la mise en examen du gendarme qui a lancé la grenade pour violences volontaires.

Le père de Rémi Fraisse est présent, soutenu par trois avocats, Arié Alimi, Claire Dujardin et Henri Leclerc. L'audience a lieu à huis-clos. Plusieurs personnes se sont rassemblées ce jeudi matin devant le tribunal en mémoire du militant.

J'espère qu'on arrêtera de dire que Rémi Fraisse est décédé mais qu'on dira qu'il a été tué par un gendarme. Pour moi, le problème est au niveau des donneurs d'ordre


estime Virginie. "C'est fou, c'est toujours des non-lieu. Par contre, quand c'est des flics qui se font agresser, c'est comparution immédiate, proteste Pauline. Il y a une justice à deux vitesses. C'est pénible, ça favorise clairement une catégorie".

Bien qu'à huis-clos, l'avocate de la famille de Rémi Fraisse twitte depuis la fin de la matinée sur les plaidoiries de son confrère Maître Leclerc.
 

L'appel de ce jeudi vise à dénoncer des ordres qui émanaient, selon les avocats, des plus hautes sphères de l'Etat. Le ministre de l'Intérieur de l'époque Bernard Cazeneuve est l'une des personnes mise en cause. 

Bernard Cazeneuve qui dans ses mémoires publiées sous le titre "A l'épreuve de la violence : Beauvau 2014 - 2015",  évoque la mort du jeune écologiste : "Lorsque vous êtes ministre de l'Intérieur et qu'un jeune militant meurt dans une manifestation, c'est un échec".


 

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