Des traces de lointains cousins des requins retrouvées à Saint-Hippolyte-du-Fort

© AFP PHOTO / NATURE / ALAIN BENETEAU
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Une lignée de requins qu'on croyait disparue lors de l'extinction massive du Permien, il y a 250 millions d'années, vivait encore 120 millions d'années plus tard, à l'époque du Crétacé, si l'on en croit de minuscules dents fossiles retrouvées dans le Gard, près de Saint-Hippolyte-du-Fort.

Par Fabrice Dubault


C'est en cherchant des fossiles de requins modernes -lointains cousins, comme les raies, de ces requins aujourd'hui disparus- que des paléontologues du Muséum de Genève et de l'Université de Montpellier ont découvert six dents fossiles d'à peine 2 mm, dans un gisement fossilifère proche de Saint-Hippolyte-du-Fort dans le Gard.

L'équipe de Guillaume Guinot, du Muséum de Genève, a établi que les caractéristiques de ces dents étaient propres aux Cladodontomorphes, une lignée de requins qu'on croyait entièrement disparue à la suite de la crise biologique survenue à la limite Permien-Trias.
Or les dents fossiles représentant trois espèces différentes de cette lignée de requins ont été trouvées dans des sédiments de roche datant du début du Crétacé (-130 millions d'années), lorsque l'océan recouvrait l'actuelle région de Montpellier.

Cette découverte, publiée mardi dans la revue Nature Communications, montre, selon les paléontologues, que les requins de Saint-Hippolyte-du-Fort ont survécu près de 120 millions d'années après la grande extinction du Permien, qui a décimé la vie océanique.

Les Cladodontomorphes étaient de mini-requins, qui ne dépassaient pas les 30 cm

"Ce n'était pas de grands prédateurs", a relevé Guillaume Guinot. Ils pouvaient en revanche présenter des "morphologies extravagantes", comme "une sorte de peigne dorsal" ou un "crochet au-dessus de la tête", à la place de la nageoire dorsale, selon les espèces.
Les fossiles ont été retrouvés dans des "sédiments qui se sont constitués dans une mer assez profonde", a raconté Guillaume Guinot à l'AFP. D'où l'hypothèse avancée par les paléontologues selon laquelle quelques espèces de Cladodontomorphes ont pu échapper à l'hécatombe en se réfugiant dans des eaux plus profondes.

La découverte montre "l'intérêt des milieux marins profonds dans la compréhension de la biodiversité", a souligné Guillaume Guinot.

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