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Ureña, torero de Madrid

Paco Ureña, Vergèze, 30 mars 2009. Torode Pagès Mailhan / © JJ
Paco Ureña, Vergèze, 30 mars 2009. Torode Pagès Mailhan / © JJ

Avec son sourire triste et sa silhouette discrète, Paco Ureña est à l'opposé de la figure attendue du toreador. Pas de coup de menton, pas la moindre déclaration tapageuse, pas d'amourette médiatique connue. Pourtant, en deux corridas, le torero de Murcia s'est imposé comme "torero de Madrid".

Par Joël Jacobi

Les aficionados français qui ont découvert Paco Ureña le 30 mars 2009 à Vergèze (quel toro coriace de Pagès Mailhan!) et surtout à Arles le 21 avril 2014 (quel grand toro de Margé!) savaient bien que sa tauromachie d'une absolue sincérité finirait par l'imposer dans les plus grandes arènes.
Pendant de longues années, le torero à la triste figure a avalé sans frémir les couleuvres que ce petit monde produit au kilomètre. Fallait-il qu'il crût en lui! Fallait-il que son orgueil fût grand pour continuer de jouer les modestes!
Bien sûr, de loin en loin, il se trouvait un critique pour souligner la "pureté" et la "sobriété" de son style. Mais c'était pour ajouter aussitôt qu'on n'avait jamais vu torero avec aussi peu de charisme. 
Le vent a fini par tourner.
Séville cette année, dans le désolant désert d'une feria sans toro, a salué sa belle faena à un Victorino Martín.
Mais c'est à Madrid que sa carrière a probablement pris son tournant définitif. Tout s'est joué en deux corridas, onze jours et trois étapes.

Le 11 mai, à las Ventas, les pieds dans la boue et le visage inondé de pluie et de larmes, il coupe "une oreille qui en vaut deux" à la corrida de El Torero. À côté de la sienne, la tauromachie de ses compagnons du jour, Escribano et Fandiño, paraît bien fade. Le public de Madrid est conquis. Mais il demande confirmation. 
5 jours plus tard. 16 mai, lundi de Pentecôte. À Vic Fezensac, un toro de Victorino Martín lui donne une formidable raclée. Et un coup de corne. Il rentre à Madrid, se fait examiner et déclare : "dimanche prochain, rendez-vous à Madrid".
Dimanche 22 mai Madrid.  Les toros sont de Las Ramblas. Le premier lui donne un nouveau coup de corne. Le second lui "donne" une oreille. Une oreille "qui en vaut deux".

Désormais, personne n'en doute. Ureña est un torero de Madrid. Ceux qui étaient à Vergèze en 2009, le savaient depuis longtemps…


Paco Ureña Madrid

 

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